Vote de confiance : la présidente de la BCE exclut la mise sous tutelle de la France par le FMI

Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), a exclu la mise sous tutelle de la France par le FMI

Publié le
Lecture : 2 min
FMI
Vote de confiance : la présidente de la BCE exclut la mise sous tutelle de la France par le FMI : Crédit : Kirill KUDRYAVTSEV / AFP | Econostrum.info

Le vote de confiance de François Bayrou a soulevé la question de la mise sous tutelle de la France par Le FMI, et également les répercussions économiques sur la France. Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne (BCE), s’est exprimée lundi 1er septembre 2025 sur Radio Classique à propos des développements politiques en France et de leurs effets économiques potentiels.

Interrogée sur la situation du gouvernement dirigé par François Bayrou, elle a déclaré que les incertitudes politiques dans la zone euro sont suivies de près par la BCE. Elle a précisé que les événements politiques ont des effets sur la perception des marchés financiers concernant les risques pays, et donc sur l’économie.

Selon elle, le contexte actuel autour de la motion de confiance que le Premier ministre doit présenter à l’Assemblée nationale a déjà entraîné des réactions de marché. Elle a indiqué que la prime de risque sur la dette française a augmenté, se situant juste en dessous de celle de l’Italie. Elle a précisé que cette situation diffère de celle observée lors des trimestres précédents.

Christine Lagarde a toutefois écarté l’hypothèse d’une intervention du Fonds monétaire international en France. Ancienne directrice générale du FMI de 2011 à 2019, elle a rappelé que cette institution intervient dans les pays confrontés à un déficit courant important et à l’incapacité de faire face à leurs engagements financiers. Elle a affirmé que ces conditions ne s’appliquent pas actuellement à la France. Elle a déclaré que dans une telle hypothèse, le FMI estimerait probablement que les conditions ne sont pas réunies pour une intervention, et inviterait la France à s’organiser pour ajuster ses finances publiques.

Pas du FMI, mais le système bancaire et les taux d’intérêt sont en observation

La présidente de la BCE a également abordé la situation du système bancaire français. Elle a affirmé que les banques françaises sont bien capitalisées, mieux structurées qu’au moment de la dernière crise financière, et soumises à une supervision rigoureuse. Elle a estimé qu’elles ne constituent pas la source du risque actuel.

Elle a toutefois reconnu que les marchés prennent en compte le contexte politique dans leurs évaluations. Elle a mentionné que le taux d’intérêt des obligations souveraines françaises à dix ans a atteint 3,52 %, son plus haut niveau depuis mars. Ce niveau reflète, selon elle, une prime de risque liée aux incertitudes internes.

Christine Lagarde a par ailleurs exprimé des inquiétudes sur les possibles atteintes à l’indépendance des banques centrales. Elle a cité les pressions exercées par le président des États-Unis, Donald Trump, sur la Réserve fédérale américaine, en particulier sur Jerome Powell et Lisa Cook. Elle a estimé qu’un affaiblissement de l’indépendance de la Fed aurait des conséquences pour l’économie américaine et par extension pour l’économie mondiale.

Enfin, concernant les droits de douane américains, Christine Lagarde a estimé que l’accord autour d’un plafond à 15 % réduit l’incertitude. Elle a évoqué la possibilité d’une renégociation future de ce seuil si les conditions juridiques évoluent aux États-Unis.

Elle a conclu en réaffirmant la volonté de la Banque centrale européenne de poursuivre ses travaux sur l’euro numérique, en soulignant les risques que représentent certaines formes de cryptomonnaies adossées au dollar pour la stabilité monétaire en Europe.

Laisser un commentaire

Partages