Les débats sur le budget 2026 sont houleux. À moins de deux semaines du vote de confiance prévu le 8 septembre 2025, le Premier ministre François Bayrou a indiqué, lors d’une intervention télévisée le 27 août sur TF1, qu’il était disposé à « ouvrir toutes les négociations nécessaires » avec les oppositions au sujet du projet de budget 2026.
Il a toutefois posé comme condition un accord préalable sur « l’importance de l’effort » à fournir pour réduire la dette. Selon lui, « le gouvernement engage sa responsabilité. S’il est suivi, les négociations auront lieu. S’il ne l’est pas, il tombera ».
Dès le 1er septembre, François Bayrou doit rencontrer les responsables de partis et de groupes parlementaires afin de chercher un compromis sur le budget 2026. L’exécutif espère notamment obtenir un soutien du Parti socialiste ou du Rassemblement national, deux formations politiques opposées à plusieurs mesures proposées.
Jours fériés, fiscalité et retraites au centre des tensions
La suppression de deux jours fériés est l’une des mesures qui suscite le plus d’opposition. Le Parti socialiste a exprimé son refus de voir disparaître des journées comme le lundi de Pâques ou le 8 mai. Le député socialiste du Calvados, Arthur Delaporte, a rappelé le 10 août sur BFMTV que « la France est l’un des pays d’Europe avec le moins de jours fériés ».
Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale, a écrit le 11 août sur le réseau X : « Comme je le craignais, le salaire des deux jours fériés supprimés sera confisqué par le gouvernement pour alimenter le tonneau des Danaïdes des gaspillages publics. C’est hors de question : tout travail mérite salaire ! ».
Le Premier ministre pourrait envisager d’abandonner cette mesure, mais le coût budgétaire de cette décision est estimé à environ 4,2 milliards d’euros, soit 10 % des économies prévues par le gouvernement. Une alternative évoquée consisterait à supprimer un seul jour férié au lieu de deux.
Volonté du gouvernement à faire participer davantage les ménages les plus aisés dans le budget 2026
Sur le plan fiscal, l’exécutif a affirmé sa volonté de faire participer davantage les ménages les plus aisés dans les efforts pour le budget 2026. Le ministre de l’Économie, Eric Lombard, a déclaré le 26 août sur France Inter que « la part des plus fortunés doit être évidemment plus forte ». François Bayrou a annoncé un effort spécifique pour les hauts revenus, sans précision détaillée à ce stade. Les pistes incluent une contribution différentielle sur les patrimoines élevés, la fiscalisation de certains actifs non productifs détenus dans des holdings, ou encore la pérennisation d’un impôt plancher de 20 % pour les 65 000 foyers les plus rémunérés.
Selon Bercy, ces mesures pourraient rapporter environ 4,2 milliards d’euros en 2026. Le Parti socialiste estime ces propositions insuffisantes et réclame une taxe « Zucman », fixée à 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, pour un rendement évalué entre 15 et 20 milliards d’euros par an. La porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a rejeté cette idée, la qualifiant de « fausse bonne idée ».
La réforme de l’abattement fiscal des retraites figure également parmi les points de désaccord. Le projet prévoit de remplacer l’abattement de 10 % actuel par un abattement forfaitaire de 2 000 euros, ce qui rapporterait environ 1 milliard d’euros. La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, affirme que cette mesure épargnera les petites et moyennes pensions. Eric Lombard a ajouté que « pour ceux au début de l’échelle des impôts, la fiscalité va baisser », mais qu’elle sera « légèrement augmentée pour les retraités qui gagnent plus de 20 000 euros par an ». Le député Rassemblement national Julien Odoul a réagi le 25 août sur franceinfo en déclarant : « Ne pas taper sur les retraités ».
Le débat sur l’année blanche et les prestations sociales
Un autre point de confrontation concerne l’« année blanche », c’est-à-dire le gel des dépenses publiques pendant douze mois. Cette mesure impliquerait notamment l’absence de revalorisation des prestations sociales, dont le revenu de solidarité active (RSA), les retraites, les allocations familiales ou encore la prime d’activité.
La porte-parole du Parti socialiste, Chloé Ridel, a déclaré le 20 août sur franceinfo : « Quand on annonce par-dessus le marché qu’on va supprimer deux jours fériés, qu’on va faire une année blanche sur toutes les prestations sociales, qu’on va retrancher dans les dépenses de santé, évidemment qu’il y a une colère qui monte ».
Ces différents sujets, allant des jours fériés à la fiscalité des hauts revenus, en passant par les retraites et les prestations sociales, structurent les négociations à venir entre le gouvernement et les oppositions. François Bayrou espère trouver un terrain d’entente avant le vote du 8 septembre, décisif pour la poursuite de son action à la tête du gouvernement.








