Le Premier ministre François Bayrou doit affronter un vote de confiance décisif alors que son gouvernement est affaibli par le rejet de son plan d’économies budgétaires de 44 milliards d’euros par une grande partie des syndicats et des partis politiques.
Cette situation relance la question d’une possible dissolution de l’Assemblée nationale par le président de la République Emmanuel Macron. Les principales formations politiques ont fait connaître leurs positions. Le Parti socialiste, par la voix de Boris Vallaud, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a déclaré que « le Parti socialiste prépare un plan dissolution pour se préparer à cette échéance, nous souhaitons que le Parti socialiste soit prêt ».
Il a précisé que son parti ne demandait pas la démission du chef de l’État. Les socialistes, les écologistes et les autres composantes de la gauche unie affirment vouloir se préparer à gouverner si le gouvernement Bayrou devait être renversé. Du côté de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon a appelé à la démission d’Emmanuel Macron en cas de perte du vote de confiance. Il a annoncé le dépôt d’une motion de destitution le 23 septembre et déclaré : « Le chaos, c’est Macron ». Selon lui, « il faut empêcher Macron de nommer pour la troisième fois un Premier ministre qui ferait la même politique ».
Le gouvernement de Bayrou et ses soutiens face aux critiques
Le Mouvement démocrate (Modem), formation de François Bayrou, lui a apporté son soutien. Le ministre de l’Économie et des Finances, Éric Lombard, a affirmé ne pas anticiper la chute du gouvernement et rappelé que « la vie politique est pleine de surprises ». Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a indiqué qu’une dissolution ne devait pas être exclue, tout en soulignant qu’elle avait un coût pour le pays. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a déclaré que « tout parti politique qui aspire à gouverner notre pays ne peut pas refuser de réduire la dette », ajoutant que François Bayrou était prêt à faire des concessions.
Du côté du Rassemblement national, le député Sébastien Chenu a déclaré : « Nous disons : retournons vers les urnes ! C’est désormais possible, demandons aux Français le choix de la politique qu’ils veulent mener ». Marine Le Pen a réaffirmé son souhait d’une nouvelle dissolution de l’Assemblée. Elle estime que la situation actuelle impose de redonner la parole aux électeurs.
Alors que le Premier ministre tente de rassembler autour de lui, un petit-déjeuner dit « socle commun » a été organisé avec les composantes du bloc central. L’issue du vote de confiance, prévue le 8 septembre, reste incertaine et conditionnera la suite de la séquence politique ouverte par ces annonces et réactions.








