Le gouvernement engage un nouveau chantier sensible autour de l’assurance chômage. Dans un contexte social et économique tendu, l’exécutif souhaite redéfinir le cadre de ce dispositif. Une négociation avec les partenaires sociaux s’ouvre, avec en toile de fond des objectifs budgétaires ambitieux et une volonté affichée de réformer rapidement.
Transmise samedi aux organisations syndicales et patronales, la lettre de cadrage constitue la feuille de route des discussions à venir. Le texte fixe un objectif d’économies annuelles comprises entre 2 et 2,5 milliards d’euros sur la période 2026-2029. Cette réduction des dépenses devra monter en puissance pour atteindre 4 milliards d’euros par an à partir de 2030. Le calendrier est serré : un accord est attendu avant le 15 novembre, indique La Tribune.
Pour y parvenir, le gouvernement propose de revoir les paramètres mêmes de l’assurance chômage. Sont notamment envisagés une réduction de la durée maximale d’indemnisation et un allongement de la durée minimale d’emploi nécessaire pour ouvrir des droits. Il est également question de modifier la période de référence sur laquelle se base le calcul des droits, ce qui pourrait réduire le nombre de bénéficiaires ou la durée de leur couverture.
Une réforme de l’assurance chômage qui révolte les syndicats
L’annonce a immédiatement provoqué un tollé du côté des syndicats. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a dénoncé un « carnage total pour les demandeurs d’emploi ». Pour elle, cette réforme remet en cause l’accord conclu en novembre 2024, prévu pour durer quatre ans et entré en vigueur le 1er avril 2025. Les organisations syndicales estiment qu’une telle remise en question, si peu de temps après sa mise en place, sape la crédibilité du dialogue social.
Le projet arrive dans une période où les perspectives d’emploi se dégradent. Selon l’OFCE, le taux de chômage pourrait grimper à 9 % d’ici 2027, contre 7,4 % aujourd’hui. Cette hausse toucherait particulièrement les jeunes et pourrait accentuer la pression sur les finances publiques, déjà déficitaires. Le gouvernement, lui, justifie cette réforme par la nécessité de consolider la situation financière du régime d’assurance chômage et d’inciter davantage au retour à l’emploi. Il s’appuie sur l’argument selon lequel « il faut travailler plus nombreux » pour préserver la soutenabilité du système.
Des négociations à haut risque social
Les discussions qui s’ouvrent s’annoncent tendues. Les syndicats veulent préserver les droits acquis, tandis que le patronat pourrait voir d’un bon œil des conditions plus strictes pour limiter les dépenses. L’enjeu sera de trouver un compromis évitant un passage en force, dans un climat déjà marqué par d’autres réformes impopulaires. Si aucun accord n’est trouvé d’ici novembre, l’exécutif pourrait décider d’agir par décret, au risque d’amplifier les tensions sociales.








