L’accord pilote entre la France et le Royaume-Uni sur l’immigration prendra effet le mercredi 6 août, marquant un tournant dans la coopération entre les deux nations. Conçu pour lutter contre la traversée de la Manche par des « small boats » – ces petites embarcations utilisées par les migrants – cet accord prévoit une coopération renforcée entre les autorités françaises et britanniques afin de gérer le flux migratoire.
Il s’agit de l’une des réponses concrètes aux pressions croissantes exercées sur les deux gouvernements, notamment en raison de l’augmentation des arrivées sur les côtes britanniques. Le cabinet de Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur français, a précisé que l’accord, bien qu’il ait été signé précédemment, « entrera en vigueur demain » mercredi, corrigeant ainsi une déclaration de Keir Starmer, Premier ministre britannique.
« Aujourd’hui, nous envoyons un message clair : si vous venez ici illégalement sur un petit bateau, vous risquez d’être renvoyé en France », avait déclaré ce dernier, en évoquant la mise en œuvre immédiate du projet.
L’accord prévoit que les migrants arrivés illégalement au Royaume-Uni à bord de petites embarcations soient renvoyés en France. En contrepartie, des migrants se trouvant en France, ayant formulé une demande d’asile via une plateforme en ligne et ayant des liens avec le Royaume-Uni, seront envoyés outre-Manche. Ce processus, qui pourrait sembler complexe, a pour but de rétablir un équilibre dans la gestion des flux migratoires tout en répondant aux préoccupations de chaque nation.
Vers une gestion équilibrée de l’immigration
L’accord, dont la durée est fixée jusqu’en juin 2026, vise à dissuader les traversées risquées de la Manche, qui ont déjà coûté la vie à 18 personnes cette année. « Nous voulons pouvoir l’étendre », a ajouté Yvette Cooper, la ministre britannique de l’Intérieur, qui a précisé que l’accord commencerait avec un nombre limité de migrants, mais qu’il pourrait augmenter progressivement. Le chiffre évoqué dans les médias, de 50 personnes par semaine, reste à confirmer. Il s’agit de la phase pilote du dispositif dit de « un pour un », selon The Guardian.
Les migrants renvoyés en France auront vu leur demande d’asile jugée inadmissible par les autorités britanniques. Par ailleurs, l’accord prévoit des contrôles de sécurité pour tous les migrants, qu’ils soient renvoyés ou reçus. La coopération des deux gouvernements, avec l’accord de la Commission européenne, est perçue comme une solution « innovante » pour contrer l’immigration clandestine, bien qu’elle suscite des inquiétudes. Certaines voix s’élèvent, notamment dans le nord de la France, où des élus et des associations jugent le dispositif trop favorable à Londres et estiment qu’il contrevient aux principes de protection des réfugiés.
Les autorités des deux pays insistent sur le fait que cet accord sur l’immigration a pour objectif de « casser les filières de passeurs », un enjeu central pour mettre fin aux traversées dangereuses de la Manche. Malgré les critiques, ce projet fait partie des efforts britanniques pour accélérer l’expulsion des déboutés du droit d’asile et limiter les arrivées illégales.








