Le diagnostic de performance énergétique (DPE) se retrouve une nouvelle fois sous le feu des projecteurs. Outil central de la politique de rénovation énergétique, il fait régulièrement l’objet de critiques liées à des fraudes ou à des pratiques contestables.
Pour y remédier, le gouvernement vient d’annoncer une mesure stricte : tout diagnostiqueur qui établira plus de 1 000 DPE en un an sera automatiquement suspendu, sauf justification valable. L’arrêté, publié le 1er août au Journal officiel, entrera en vigueur à partir du 1er octobre 2025.
Cette décision vise à restaurer la confiance des Français dans un dispositif jugé indispensable pour évaluer la performance énergétique des logements. Le ministère du logement précise que cette mesure a pour but de garantir que chaque diagnostic repose sur une visite réelle et complète du bien. Les professionnels concernés auront toutefois un droit au contradictoire, afin de présenter leurs arguments en cas de suspension.
Un plan de fiabilisation du diagnostic de performance énergétique déjà amorcé depuis juin
Cette annonce s’inscrit dans un plan plus large engagé depuis plusieurs mois. En juin, deux décrets publiés au Journal officiel avaient déjà durci les règles encadrant les diagnostiqueurs. Parmi les nouveautés, un renforcement des contrôles, des examens de certification plus exigeants et l’obligation de présenter un QR code lors de chaque visite. Les autorités ont également introduit un outil statistique destiné à détecter automatiquement les comportements anormaux à partir de la base de données de l’Ademe.
En cas de sanction, les diagnostiqueurs seront inscrits sur une liste noire pendant 18 mois, durée portée à 24 mois en cas de récidive. L’objectif est clair : dissuader les pratiques abusives et assainir le secteur. Le ministère résume ainsi la philosophie de cette réforme : « Cet arrêté marque une nouvelle étape dans la mise en œuvre du plan d’action pour restaurer la confiance dans le diagnostic de performance énergétique (DPE) ».
Le gouvernement cherche également à rassurer les ménages et les acteurs de l’immobilier, pour qui la fiabilité des DPE est un enjeu crucial dans un contexte de transition énergétique. La qualité des diagnostics conditionne en effet les choix de rénovation des propriétaires, mais aussi les transactions immobilières.
Avec cette nouvelle étape, l’exécutif envoie un signal fort : le DPE doit redevenir un outil fiable et crédible, au service de la transition énergétique. Reste à savoir si cette régulation plus stricte permettra de corriger les dérives constatées et de redonner confiance aux particuliers comme aux professionnels.








