Le gouvernement a lancé un appel à négociation avec les partenaires sociaux, en leur transmettant trois documents détaillant des propositions visant à réaliser des économies budgétaires. Ces propositions, qui couvrent des sujets sensibles comme l’assurance chômage, les jours fériés, et les arrêts maladie, suscitent déjà de vives réactions au sein des syndicats et du patronat.
Le gouvernement a prévu une négociation sur l’assurance chômage entre le 1er août et le 15 novembre 2025, avec l’objectif de réaliser une économie de 2 milliards d’euros par an. Parmi les mesures incluses dans ces documents consultés par Ouest-France, le gouvernement souhaite notamment durcir l’indemnisation des chômeurs, en particulier en révisant les ruptures conventionnelles. Actuellement, lorsqu’un salarié quitte son emploi dans le cadre d’une rupture conventionnelle, il peut immédiatement bénéficier des indemnités de chômage.
Le gouvernement suggère de mettre en place un délai de carence avant de percevoir l’allocation. Cette proposition, soutenue par la ministre Catherine Vautrin, a été vivement critiquée par la CGT, qui dénonce ce qu’elle considère comme une « obsession pathologique » du gouvernement vis-à-vis des chômeurs.
Suppression de deux jours fériés : des tensions avec les syndicats
Autre proposition du gouvernement : la suppression de deux jours fériés, prévue pour le budget 2026, qui sera présenté à la fin du mois de septembre. Cette mesure entraînerait une augmentation du temps de travail des salariés, qui devraient travailler 14 heures supplémentaires sur l’année, sans compensation salariale. Cette proposition a provoqué une forte opposition de la CFDT, qui la qualifie d’« inacceptable ».
Du côté des employeurs, cette réforme ne passe pas non plus. Selon les documents transmis, l’État prévoit un prélèvement de 4,2 milliards d’euros sur le rendement des entreprises dès 2026, ce qui a irrité le patronat, qui s’inquiète des conséquences financières pour les entreprises.
Travailler plus et réorganiser les arrêts maladie pour faire plus d’économies
Enfin, pour inciter à travailler plus, le gouvernement propose la possibilité de rachat de jours de congé, tout en respectant les quatre semaines de congé légales. Cette idée de monétiser une partie des congés payés est rejetée par Marylise Léon, de la CFDT, qui considère cette mesure comme faisant partie du « musée des horreurs ». Par ailleurs, pour réaliser une économie de 1 milliard d’euros sur la Sécurité sociale, l’État suggère de transférer l’indemnisation des arrêts maladie au-delà du troisième jour aux employeurs.
Cette proposition soulève également de vives inquiétudes, tant du côté des syndicats que du patronat, qui redoute une charge supplémentaire sur les entreprises, sans contrepartie financière.








