Maladies chroniques (ALD) : les soins remboursés à 100 % dans le viseur de Bayrou

François Bayrou propose de restreindre le remboursement à 100 % des malades chroniques dans le cadre des affections de longue durée (ALD).

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13,8 millions de Français concernés : les remboursements ALD dans le viseur du gouvernement - Crédit : Canva | Econostrum.info

En France, 13,8 millions de Français bénéficient du système de remboursement à 100 % de prise en charge pour les affections de longue durée (ALD). Ce dispositif concerne les personnes atteintes de maladies chroniques, afin de leur offrir une couverture complète pour leurs soins. Dans le cadre du déficit budgétaire, le Premier ministre François Bayrou compte restreindre ce remboursement.

Le dispositif d’affection de longue durée (ALD) consiste à offrir un remboursement intégral pour les soins, visites médicales ou médicaments liés directement à la maladie du bénéficiaire. Celui-ci s’adresse aux personnes qui souffrent de maladies chroniques, telles que le diabète, les maladies cardiaques ou encore la polyarthrite rhumatoïde.

Pour une grande partie de la population, ce système constitue un pilier en matière de couverture santé. Pourtant, dans le but de réduire le déficit budgétaire et amasser les 40 milliards d’euros avant 2026, François Bayrou a déclaré mardi vouloir s’attaquer aux ALD, estimant que certains bénéficiaires profitent, à tort, du dispositif.

Concrètement, le Premier ministre a déclaré vouloir supprimer les remboursements à 100 % qui ne sont pas directement liés à leur maladie. Il compte, également, retirer l’éligibilité au dispositif pour les personnes en guérison ou en rémission de la pathologie qui leur a permis, initialement, d’y accéder.

Des limites floues entre les médicaments couverts par le dispositif ALD et ceux qui ne le sont pas

Le dispositif ALD couvre uniquement les frais qui sont liés à la pathologie du bénéficiaire. Les remboursements sont de 100 %, dans la limite du plafond fixé par l’Assurance maladie. Ainsi, en cas de dépassement, le reste à payer est à la charge du patient. En ce qui concerne les médicaments, la situation est particulièrement complexe.

Les médecins doivent utiliser une ordonnance bizon, qui permet de séparer les médicaments en rapport avec la maladie du patient et ceux qui ne le sont pas. Or, selon les spécialistes, certains médicaments sont en zone grise, car on ne peut pas définir avec précision s’ils sont en rapport avec l’ALD.

« Une personne étant en ALD pour une polyarthrite rhumatoïde et prenant des anti-inflammatoires à forte dose va avoir des ulcères à l’estomac comme effet secondaire. Donc on lui prescrit un antiulcéreux. Mais où doit-on le placer ? Est-ce qu’il est en rapport avec la polyarthrite ? », se questionne le généraliste Jean-Christophe Nogrette, également secrétaire général de MG France, rapporte 20 Minutes.

Selon le président de l’Union de syndicats de pharmaciens d’officine (Uspo), Pierre-Olivier Variot, certains médecins mettent tous les médicaments dans la case ALD pour se simplifier la tâche, tandis que d’autres, à contrario, se trompent en inscrivant des médicaments remboursables dans la zone hors ALD. Par conséquent, un effort doit être fait lors des prescriptions médicales pour éviter ce genre d’erreur.

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