Lors de son passage ce jeudi 3 juillet sur le plateau de France 2, Pierre Moscovici, Premier président de la juridiction financière, a lancé l’alerte sur la situation financière de la France, qu’il considère fortement dégradée. Il estime que cet écart est en partie dû aux 40 millions d’euros de recettes fiscales qui n’ont pas rejoint les caisses de l’État, empêchant ainsi un recul du déficit public.
Cet échec dans la collecte des impôts, combiné à une dépense publique en constante augmentation, contribue à alourdir le déficit. La France occupe une place parmi les pays qui dépensent le plus en Europe, avec une dépense publique croissante, qui passera de 56,5% du PIB actuellement à 57% du PIB l’année prochaine.
« Il s’agit du taux le plus élevé en Europe, ce sont 8 points supérieurs par rapport à nos voisins. », souligne Pierre Moscovici. Il rappelle, d’autre part, que le déficit est devenu plus important cette année, nécessitant un effort plus conséquent. « En 2023-2024, il ne s’est rien passé et pourtant l’effort global pour atteindre les 3% a été multiplié par deux, c’était 50 milliards d’euros, maintenant c’est plus de 100 milliards. », a-t-il expliqué.
Pierre Moscovici appelle à un effort collectif pour réduire le déficit public
Dans la suite de l’interview, l’ancien député européen revient sur les répercussions de la hausse de la dette publique, qui pourrait impacter directement les taux d’intérêt. « Si notre dette continue d’augmenter, nous allons subir une hausse des taux d’intérêt qui sont déjà plus hauts que ceux de l’Allemagne, du Portugal et de la Grèce. », a-t-il déclaré sur France 2, rapporte France Info. Il explique que, en plus de la difficulté d’accès aux crédits immobiliers qui sera engendrée, cela va nuire à la crédibilité de l’économie française sur les marchés internationaux.
Pour éviter les conséquences de ce déficit devenu insoutenable, Pierre Moscovici suggère la mise en place d’un effort collectif. « L’effort doit être partagé par tous. Ceux qui peuvent plus doivent contribuer davantage », a-t-il déclaré. Il ajoute également attendre « les arbitrages du Premier ministre avec des économies significatives pour plusieurs années et des réductions de dépenses structurelles. ».
Il dénonce également l’absence d’une réforme structurante des finances publiques, qui est pourtant cruciale selon lui pour rétablir la stabilité économique du pays. L’ancien député estime que, au cours des semaines à venir, il y aura « naturellement un débat fiscal », car, d’après lui, « dans une démocratie, l’impôt n’est jamais un tabou », a-t-il conclut.








