Le 25 juin 2025, après une série de négociations, le patronat et plusieurs syndicats sont parvenus à un accord sur la reconversion professionnelle. Cet accord, qui répond à une demande du gouvernement, a été négocié dans un cadre budgétaire particulièrement contraint.
Si les objectifs de cette réorganisation sont considérés comme modernes, les syndicats et le patronat reconnaissent que la portée de l’accord reste limitée, étant donné les contraintes financières. Le négociateur de la CFDT, Yvan Ricordeau, a souligné après la séance : « On est sur un accord qui a du sens dans la façon dont il réorganise de façon un peu plus moderne les dispositifs de reconversion, mais avec une ambition qui est tout à fait mesurée, parce qu’on est dans un cadre budgétaire qui est super contraint ».
Bien que l’accord sur la reconversion professionnelle soit jugé « signable », plusieurs représentants syndicaux, comme ceux de la CFE-CGC, ont précisé que cet accord ne répond pas entièrement aux attentes initiales. Yvan Ricordeau a toutefois relativisé, précisant que la CFDT défendrait le texte tout en tenant compte du « contexte ».
L’effet des discussions sur les retraites a influencé ces négociations, donnant un élan supplémentaire aux discussions sur les reconversions professionnelles. En effet, « L’effet retraites a joué à plein » selon Jean-François Foucard, de la CFE-CGC, ce qui a renforcé la volonté du patronat de parvenir rapidement à un accord.
La question de la reconversion professionnelle et garanties pour les salariés
Les syndicats ont travaillé dur pour que certaines demandes soient prises en compte. Cependant, certains, comme Michel Beaugas de FO, ont estimé que bien qu’il n’y ait pas de nouveaux droits, « on n’en a pas perdu ». Le système du compte personnel de formation (CPF) reste sous le contrôle du salarié, et une partie de ce CPF peut être utilisé pour financer des formations professionnelles. Toutefois, dans le cadre d’une mobilité interne, un salarié ne pourra utiliser que 50 % de son CPF pour financer une reconversion au sein de son entreprise.
L’accord a également abordé la question de la reconversion professionelle externe, un sujet sensible pour les syndicats, afin d’éviter que ce processus ne serve de « licenciement déguisé ». À cet égard, la CFTC a obtenu une avancée significative, avec l’ajout d’une clause stipulant que le salarié devra donner son accord préalable pour toute reconversion externe. Cela vise à protéger les salariés contre des pratiques pouvant leur nuire. La CGT, bien qu’elle n’ait pas rejeté l’accord, a critiqué la méthode de négociation, qualifiant celle-ci de « très dure », et estimant que le sujet méritait une négociation plus approfondie.
Des avancées sur la formation et la mobilité interne
Parmi les points positifs de cet accord, la formation professionnelle a été mise en avant comme un levier pour l'emploi. Hubert Mongon, négociateur du Medef, a salué l’accord comme un moyen de « mettre la formation au service de l’emploi ». Un des points clés a été la création d’un projet de transition professionnelle (PTP) à l’initiative du salarié. Dans ce cadre, si un salarié ne parvient pas à s’intégrer dans une nouvelle entreprise après une formation, il pourra être réintégré dans son entreprise d’origine. Cet aspect a été particulièrement salué, car il offre une certaine sécurité aux salariés, qui pourront ainsi bénéficier d’une protection en cas d’échec dans leur reconversion.
Cet accord sur la reconversion professionnelle, bien qu’il soit le fruit d’un compromis, est un premier pas vers une réorganisation des dispositifs existants. Le texte final sera transmis au ministère du Travail pour être intégré au projet de loi qui transpose l’accord national interprofessionnel (ANI) sur l’emploi des seniors. La commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale se réunira de nouveau pour examiner cet accord et l’intégrer dans la législation.








