La direction de la Société Générale a décidé de mettre fin à sa politique de télétravail souple. Désormais, les salariés concernés ne pourront plus télétravailler qu’un seul jour par semaine.
Cette décision a été annoncée dans une note interne consultée par Bloomberg News et Les Échos, et signée par le directeur général du groupe, Slawomir Krupa. Celui-ci déclare : « Je souhaite vous informer de la décision du comité exécutif d’harmoniser rapidement notre politique de télétravail au sein du groupe, sur la base d’un maximum d’un jour par semaine ».
Il précise que ce changement vise à aligner les pratiques des services support avec celles des équipes commerciales, mettant en avant « l’intelligence collective » et « la collaboration directe » comme des leviers essentiels pour répondre aux besoins des clients.
Avec plus de 119 000 collaborateurs à travers le monde, cette décision a un effet immédiat sur une partie significative du personnel. La direction affirme vouloir instaurer une transition « fluide et correctement cadencée », prenant en compte les contraintes personnelles et opérationnelles.
Mais sur le terrain, la mesure passe mal. La CGT SG n’a pas tardé à réagir, qualifiant cette annonce de « bombe » dans un « climat social déjà fortement tendu depuis les échanges sur les NAO ». Frédéric Guyonnet, président national du SNB/CFE-CGC, s’est dit déconcerté : « On est très surpris de cette soudaineté, sans discussion préalable. C’est étonnant, car nous avons normalement de bonnes relations avec la direction ».
Un conflit social en gestation à la Société Générale sur le télétravail
Du côté de Force Ouvrière, la réaction est encore plus virulente. Dans un communiqué publié sur son site, FO Banques condamne « l’annonce unilatérale faite ce jour par la Direction Générale de Société Générale visant à réduire drastiquement le télétravail à un jour par semaine maximum pour l’ensemble des salariés du Groupe ». Le syndicat rappelle que cette mesure va à l’encontre de l’accord collectif signé en 2021, qui prévoyait jusqu’à deux jours de télétravail hebdomadaire pour la majorité des salariés. FO parle d’une « remise en cause flagrante des droits des salariés » et d’une « violation manifeste de l’accord d’entreprise toujours en vigueur ».
Le syndicat accuse la direction de chercher à imposer un retour massif en présentiel sans tenir compte ni des réalités du terrain, ni des engagements passés, ni des attentes des salariés. FO dénonce « une politique autoritaire, déconnectée des réalités du terrain » et exige l’ouverture immédiate de véritables négociations. Le communiqué conclut avec une mise en garde claire : « Les salariés ne sont pas des pions. Le dialogue social n’est pas une option. Le respect des accords signés est une obligation ». Le conflit semble désormais ouvert.








