Nucléaire : Le gouvernement relance le projet EPR2, mais comment financer les 80 milliards d’euros nécessaires ?

Le gouvernement officialise la relance du nucléaire en France, soulevant des questions sur le financement nécessaire.

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Nucléaire : Le gouvernement relance le projet EPR2, mais comment financer les 80 milliards d'euros nécessaires ? Crédit : Canva | Econostrum.info

Le gouvernement a officiellement lancé la relance du nucléaire en France avec le programme EPR2, visant à construire six nouveaux réacteurs d’ici 2038. Mais qui financera les 80 milliards d’euros nécessaires pour ce projet colossal ?

Le programme EPR2 prévoit la construction de six réacteurs nucléaires répartis sur plusieurs sites, notamment à Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord) et Bugey (Ain), rapporte BFMTV. Bien que le projet initialement prévu pour 2035 ait été repoussé à 2038, le gouvernement persiste dans sa volonté de renforcer le parc nucléaire français. Le coût du programme a cependant fortement augmenté : de 51,7 milliards d’euros en 2022, il s’élève désormais à 80 milliards d’euros en 2023. Cette hausse des coûts soulève des interrogations sur la viabilité économique de ce projet ambitieux.

Le financement de la relance du nucléaire : l’État engagé

Pour financer cette relance, l’État a mis en place un modèle de financement basé sur un prêt à taux préférentiel couvrant environ 50% du devis. De plus, un mécanisme a été instauré pour garantir un prix de production nucléaire de 100 euros par mégawattheure. Si l’électricité d’EDF se vend à un prix supérieur, l’entreprise devra reverser une partie des recettes à l’État. Si les prix sont plus bas, l’État compensera la différence. Ce modèle vise à sécuriser l’investissement tout en maîtrisant les risques financiers liés à la fluctuation des prix de l’énergie.

Le programme inclut également la construction de mini-réacteurs (SMR, Small Modular Reactors), dont la mise en service est prévue pour les années 2030. Ces petits réacteurs, plus flexibles et moins coûteux à construire que les réacteurs traditionnels, compléteraient le réseau nucléaire français. Cette technologie, qui fait l’objet de nombreux travaux de recherche, pourrait constituer une solution plus rapide et économique à long terme.

Une manœuvre contestée

Le projet de relance du nucléaire ne fait pas l’unanimité. Le réacteur EPR de Flamanville a suscité de nombreuses protestations, et la mise en service de ce réacteur a entraîné des manifestations, notamment à Caen. Les risques de sécurité, la gestion des déchets nucléaires et les coûts associés continuent de nourrir le débat public. Néanmoins, le gouvernement défend l’option nucléaire comme un levier clé pour la transition énergétique et la compétitivité de la France.

La relance du nucléaire avec le programme EPR2 est cruciale pour l’avenir énergétique de la France, mais les 80 milliards d’euros nécessaires soulèvent des préoccupations. Pour réussir, ce projet devra non seulement maîtriser les coûts, mais aussi convaincre les citoyens et les acteurs économiques de sa sécurité et de sa rentabilité à long terme. Le succès dépendra de la gestion des finances publiques et de l’acceptation sociale.

 

 

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