Fraudes sociales : comment des escrocs ont siphonné 166 millions d’euros aux allocations familiales

Une fraude sociale massive orchestrée par des réseaux très organisés met les caisses d’allocations sous pression.

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Fraudes sociales
Fraudes sociales : à 14 milliards d'euros en 2025, le mentant en progression en France . Crédit : Canva | Econostrum.info

La lutte contre la fraude sociale prend une nouvelle ampleur. En 2024, les services de la Caisse d’allocations familiales ont détecté 166 millions d’euros de fraudes, un montant qui témoigne de la structuration croissante des réseaux impliqués. Ces escroqueries ne sont plus le fait d’individus isolés, mais de groupes organisés opérant parfois depuis l’étranger, capables d’exploiter de manière systématique les failles du système de redistribution.

La Caisse d’allocations familiales (CAF) a recensé 166 millions d’euros de fraudes détectées en 2024, rapporte Franceinfo. Ce chiffre représente à lui seul un tiers de l’ensemble des fraudes sociales identifiées cette année-là. Derrière ces chiffres se cachent des réseaux organisés opérant aussi bien depuis le territoire national que depuis l’étranger. L’objectif de ces groupes : détourner les aides sociales en créant des identités fictives ou en usurpant celles de particuliers.

Ces réseaux parviennent à multiplier les dossiers frauduleux de Revenu de solidarité active (RSA), allocations familiales ou aides diverses. Une partie des arnaques implique des complicités locales, des compagnes ou des membres de la famille des auteurs principaux. Ces procédés permettent d’installer les fraudes dans la durée tout en échappant aux contrôles standards.

Un exemple emblématique : 177 000 euros volés via 74 identités usurpées

En 2024, un homme en fuite depuis trois ans a été arrêté après avoir escroqué la CAF en usurpant 74 identités. Installé successivement aux Émirats arabes unis, en Thaïlande et au Royaume-Uni, il s’était appuyé sur son père, resté en France, pour centraliser les fonds détournés. Au total, 177 000 euros ont été versés indûment grâce à des dossiers fictifs ou basés sur des identités volées.

Ce cas illustre à la fois la sophistication des méthodes utilisées et l’insuffisance des outils de vérification pour repérer ce type d’opérations à grande échelle. Il met également en évidence la porosité des contrôles quand les fraudeurs savent exploiter les failles administratives.

Renforcement des moyens de contrôle pour lutter efficacement contre la fraude

Face à cette situation, la CAF a engagé une riposte. Elle a annoncé le recrutement de 43 contrôleurs spécialisés supplémentaires chargés de détecter les anomalies dans les déclarations. À cela s’ajoute un recours à l’intelligence artificielle, prévu dans les mois à venir, pour croiser automatiquement les données fiscales, bancaires et d’identité.

Ce renforcement opérationnel vise à combler les retards dans la détection des dossiers frauduleux et à limiter les montants indûment versés. Il marque une volonté politique de ne pas laisser ces réseaux opérer en toute impunité, dans un contexte où les aides sociales constituent un poste budgétaire sensible.

Les fraudes mises en lumière en 2024 rappellent la complexité croissante du contrôle des prestations sociales dans un monde numérique où les échanges et les déplacements sont facilités. La mobilisation de technologies de pointe et de ressources humaines spécialisées sera un enjeu déterminant dans les prochaines années pour restaurer la confiance dans les dispositifs de solidarité.

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