Ce 5 juin 2025, à l’Assemblée nationale, les députés ont adopté une résolution symbolique demandant l’abrogation de la réforme des retraites, notamment le report de l’âge de départ à 64 ans.
Cette initiative, déposée par le groupe GDR (composé principalement de communistes et d’élus ultramarins), a été adoptée par 198 voix pour et 35 contre, souligne Franceinfo. Toutefois, cette résolution n’a aucune valeur normative, ce qui signifie qu’elle ne contraint pas le gouvernement à revoir sa réforme. L’objectif reste néanmoins politique : réaffirmer l’opposition à la réforme et raviver la contestation, à l’approche d’une nouvelle journée de manifestations et de grèves à l’appel de la CGT.
Un geste symbolique pour relancer le débat autour de la réforme des retraites
Cette résolution intervient plus de deux ans après l’adoption de la réforme des retraites et à quelques jours de la fin des travaux du « conclave » de partenaires sociaux chargés de réfléchir à de nouvelles propositions pour le système de retraite. Stéphane Peu, président du groupe GDR, a exprimé son mécontentement sur la manière dont la réforme a été adoptée, par l’utilisation de l’article 49 alinéa 3 de la Constitution, permettant au gouvernement de faire passer la loi sans vote. Il a dénoncé ce passage en force comme une « baisse démocratique », comparant cette situation à l’échec du référendum de 2005 sur la constitution européenne.
La résolution réclame en particulier l’abrogation des mesures les plus régressives, comme le recul de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans et l’augmentation de la durée de cotisation à 43 annuités dès 2027. Jean-Christophe Repon, président de la Capeb (Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment), a également souligné l’impact négatif de la réforme sur les entrepreneurs et les artisans, dénonçant une situation qui pénalise les travailleurs et la transition énergétique.
Le vote de cette résolution symbolique est un nouveau front dans la lutte contre la réforme. Bien que sans effet juridique direct, il illustre la volonté de relancer la contestation politique et syndicale, déjà bien présente à travers des grèves et manifestations organisées tout au long du processus législatif.
Un contexte de tension sociale et politique
Ce vote se situe dans un climat de tension sociale persistante, alors que le gouvernement continue de défendre sa réforme, qu’il considère comme indispensable pour garantir la pérennité du système de retraite face au vieillissement de la population. Le ministre de l’Économie, Éric Lombard, a récemment évoqué la nécessité d’une révision des équilibres financiers du système, soulignant qu’il fallait “reprendre la main” sur les finances publiques, notamment face aux fraudes et à l’encombrement des dossiers.
Cette nouvelle résolution votée par les députés du groupe GDR s’ajoute à une longue liste de mobilisations et d’oppositions à la réforme des retraites. Bien que symbolique, ce geste montre que le débat est loin d’être clos. Le gouvernement se retrouve face à une forte opposition, non seulement de la part des partis politiques, mais aussi des syndicats et des organisations professionnelles, qui appellent à un retour aux principes de solidarité et à une réforme plus juste. Le processus législatif sur les retraites semble donc loin d’être terminé, et la contestation pourrait reprendre de plus belle, notamment si les mobilisations syndicales continuent à croître.








