Ce 5 juin 2025, la ministre du Travail Astrid Panosyan-Bouvet a mis en lumière sur TF1 une « anomalie française » majeure concernant le financement de la protection sociale. Selon elle, 65 % de la protection sociale dans le pays est financée par le travail, un modèle qui, selon la ministre, entrave le recrutement, nuit au maintien de l'emploi et alourdit le pouvoir d’achat des Français. Elle appelle donc à une réforme urgente pour repenser ce système et en réduire les effets économiques négatifs.
Sur TF1, Astrid Panosyan-Bouvet a expliqué que le système actuel, dans lequel une proportion aussi importante de la protection sociale repose sur le travail, crée une distorsion par rapport à d’autres pays européens. Ces derniers ont réussi à maintenir un équilibre entre compétitivité économique et cohésion sociale, contrairement à la France. Selon la ministre, la situation actuelle crée une pression supplémentaire sur les entreprises et les salariés, notamment à travers des charges sociales élevées.
Elle souligne que le financement des risques sociaux devrait reposer sur une base plus large que le travail, notamment pour les risques universels comme la santé ou les solidarités intergénérationnelles. En effet, le financement de la protection sociale en France est largement dominé par les cotisations sociales, ce qui place un fardeau disproportionné sur le secteur du travail, en comparaison avec d’autres modèles européens où le financement repose davantage sur des impôts généraux, comme la TVA ou d’autres taxes de consommation.
Le défi du redressement des finances publiques
Cette réflexion intervient dans un contexte où le gouvernement cherche des solutions pour équilibrer les finances publiques. En mai 2025, François Bayrou, le Premier ministre, a évoqué la nécessité d’un « effort à tous les Français » pour restaurer les finances publiques, notamment par la mise en place d’une TVA sociale. Cette idée, déjà présentée sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, consistait à augmenter la TVA pour compenser la baisse des cotisations sociales, mais elle n’avait jamais été appliquée, en raison de son abrogation par le gouvernement François Hollande.
Dans cette perspective, la ministre du Travail a précisé que la TVA sociale n’était actuellement pas à l’ordre du jour. « Le travail doit financer les risques associés au travail », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter qu’il ne relevait pas du travail de financer des risques qui devraient être plus largement répartis sur l’ensemble de la société. Cette déclaration marque une volonté de réformer le financement de la protection sociale, mais aussi de sortir de la logique actuelle où les salariés et les entreprises supportent une charge fiscale disproportionnée.
Les pistes de réforme de la protection sociale en débat
Astrid Panosyan-Bouvet a aussi réagi à la proposition de Mathieu Lefèvre, député Renaissance, qui suggérait un gel des prestations sociales en 2026, une « année blanche« . La ministre a reconnu que plusieurs pistes étaient en discussion et qu’une approche globale serait nécessaire pour déterminer les leviers à utiliser afin d’assurer une répartition équitable des efforts. Elle a également souligné l’importance d’un plan global qui montrerait que l’effort de redressement financier serait partagé par tous les acteurs économiques du pays. Un tel plan serait présenté à partir de mi-juillet 2025.
Les discussions actuelles se déroulent principalement au sein de Bercy, où parlementaires, partenaires sociaux, et syndicats se réunissent pour réfléchir aux meilleures solutions pour parvenir à un équilibre financier de la Sécurité sociale avant 2029. Le gouvernement a fixé cet objectif malgré les déficits chroniques qui marquent les comptes de la sécurité sociale depuis plusieurs années.








