Depuis le mois de mars 2025, une réforme majeure bouleverse le calcul des pensions de retraite complémentaire Agirc-Arrco pour les salariés du privé. Elle cible en particulier les travailleurs en « forfait jour réduit », dont le contrat prévoit moins de jours travaillés que le forfait annuel complet de 218 jours. Jusqu’à présent pénalisés dans le calcul de leur retraite, ces salariés voient enfin leurs droits rééquilibrés grâce à cette nouvelle règle.
Avant cette réforme, les salariés en forfait jour réduit et percevant un salaire supérieur à 2 425 euros nets mensuels — soit environ 1,7 fois le SMIC — étaient pénalisés dans le calcul de leurs cotisations retraite. En effet, leurs cotisations étaient plafonnées sur cette base de 2 425 euros, indépendamment de leur rémunération réelle. Par exemple, un cadre gagnant 3 000 euros nets par mois ne cotisait que sur la base de 2 425 euros, ce qui réduisait mécaniquement le montant de sa future pension complémentaire Agirc-Arrco.
Une nouvelle méthode de calcul plus équitable
La réforme corrige cette injustice en permettant à ces salariés de cotiser sur la totalité de leur salaire, même s’ils travaillent moins de jours que le forfait complet. La nouvelle formule multiplie la rémunération annuelle du salarié par 218 jours, puis divise ce total par le nombre de jours effectivement inscrits dans le contrat, comme 190 par exemple. Cette opération permet de reconstituer un revenu de référence équivalent à un temps plein, sur lequel les cotisations Agirc-Arrco sont calculées.
Concrètement, cette évolution permet aux salariés en forfait jour réduit de générer un nombre de points retraite équivalent à celui d’un salarié travaillant un forfait complet, augmentant ainsi le montant de leur pension complémentaire.
Les futurs retraités de l’Agirc-Arrco doivent faire la demande
Cette amélioration n’est pas automatique. Pour en bénéficier, le salarié doit formuler une demande explicite auprès de son employeur, qui doit ensuite donner son accord écrit. Cela peut se faire par une modification du contrat de travail ou par un avenant. Sans cette démarche, le calcul reste effectué selon les anciennes règles, et le salarié ne profite pas de la revalorisation.
Cette réforme vise à rendre le système de retraite complémentaire plus équitable, en tenant mieux compte de la réalité du travail effectué par les salariés en forfait jour réduit. Elle offre une opportunité significative d’augmenter la pension de nombreux travailleurs du secteur privé. Reste à voir dans quelle mesure les salariés concernés saisiront cette opportunité et comment les employeurs accompagneront cette évolution.
Cette mesure contribue à améliorer la justice sociale au sein du régime Agirc-Arrco et devrait encourager une meilleure reconnaissance des modes de travail variés dans le calcul des droits à la retraite.








