Dieselgate : le trafic de moteurs a entraîné le décès de 16 000 personnes en France, selon une étude

Le scandale du Dieselgate aurait causé la mort de 16 000 personnes en France depuis 2009, selon un centre de recherche basé en Finlande.

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Dieselgate : le trafic de moteur à entraîner le décès de 16 000 personnes en France, selon une étude - Crédit : Canva | Econostrum.info

Une étude vient de révéler les chiffres des décès liés au Dieselgate, le trafic de moteurs diesel orchestré par des constructeurs automobiles. Au total, cela a causé le décès de 16 000 personnes.

Cette étude, consultée par France Inter et réalisée par Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) finlandais, publiée ce mercredi 28 mai, révèle que 16 000 personnes ont trouvé la mort entre 2009 et 2014 en raison des moteurs diesel truqués. Il s’agit de la première étude à quantifier les dégâts liés à ce scandale.

Pour rappel, le scandale du Dieselgate avait éclaté en 2015, révélant que de nombreux constructeurs automobiles avaient effectué des modifications non autorisées sur les moteurs de véhicules diesel. Ce truquage avait augmenté le débit d’émission de polluants, qui avait alors dépassé les limites fixées par la réglementation en vigueur.

Selon l’étude, ces émissions « s’ajoutent aux émissions ‘légales’ et n’auraient jamais dû polluer l’air que nous respirons ». Et pour cause, elles ont été responsables de plusieurs décès et pourraient causer d’autres pertes à l’avenir.

Les moteurs trafiqués du Dieselgate auront tué 24 000 personnes d’ici 2040

Rappelons que le scandale du Dieselgate concernait approximativement 200 modèles de véhicules, qui auraient été équipés d’appareils invalidant les systèmes de réduction des émissions. Ces voitures, sous les normes euro 5 et euro 6, ont été commercialisées à travers la France entre 2009 et août 2019. Selon l’étude du centre de recherche basé en Finlande, les conséquences de ce trafic sont très importantes.

Elle explique qu’en raison de la forte pollution de l’air causée par ce trafic, un total de 24 000 décès sera enregistré depuis leur mise en circulation en 2009, jusqu’en 2040. Ainsi, en plus des 16 000 décès entre 2009 et 2014, 8 000 décès prématurés ont été quantifiés jusqu’en 2040.

L’étude dénonce, d’autre part, l’absence de mesures face à ce scandale pour réduire ses effets néfastes, assurant que cette « inaction a eu, et continue à avoir, des conséquences sanitaires et économiques évitables et chiffrées ».

L’absence de rappel de véhicules aura des conséquences néfastes sur l’environnement et l’économie

Cette inaction est également dénoncée par Anne Lassman-Trappier, en charge de la qualité de l’air pour France Nature Environnement. « C’est tout à fait anormal qu’on laisse autant de dégâts sanitaires être causés pour protéger des constructeurs automobiles », a-t-elle dénoncé.

Elle estime que ces décès sont évitables et réclame au gouvernement d’exiger des constructeurs automobiles de remettre à niveau ces véhicules selon les normes. « On parle de milliers de cas d’asthme, de centaines de milliers de journées non travaillées pour l’économie. Ça vaut le coup, il faut agir », a-t-elle assuré, rapporte Radio France.

L’étude a également estimé le coût total du Dieselgate à 146 milliards d’euros, dû à la diminution de la productivité, aux congés maladie, aux soins et aux décès prématurés, qui impacteront négativement l’économie française.

1 réflexion au sujet de « Dieselgate : le trafic de moteurs a entraîné le décès de 16 000 personnes en France, selon une étude »

  1. C’est le même style d’étude que celle (européenne) sur les conséquences de la pollution « particules fines » dans les métropoles. Il s’agit en fait de durée de vie écourtée (parfois de quelques jours). Il est plus intelligent (mais moins percutant) d’évoquer la moindre espérance de vie moyenne liée à ces pollutions (jusqu’à 10 ans tout de même en Inde). On pourrait aussi comparer avec les morts liées aux tabac et alcool, et même celles liées à l’abus de sucre et de sel que les professionnels de l’alimentation s’efforcent de nous faire ingurgiter avec la complaisance constante des pouvoirs publics. Et là, c’est un tiers de la population qui voit sa vie abrégée, sans qu’on puisse (notamment les pauvres) y faire grand chose.

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