Après avoir annoncé une hausse des droits de douane de 20 %, le locataire de la Maison Blanche surprend de nouveau les Européens, annonçant le 23 mai une augmentation de 50 %, qui devrait entrer en vigueur dès le 1er juin. Une annonce qui n’a pas manqué de semer la panique, notamment en France, où de nombreux secteurs risquent d’être lourdement fragilisés si cette mesure se concrétise.
Le ministre délégué au Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, a expliqué les répercussions que pourrait avoir cette hausse des taxes sur l’économie française. « Pour certaines de nos filières, comme les vins et spiritueux, les cosmétiques, l’aéronautique et toutes celles de réussite à l’export, cela déboucherait sur une situation absolument intenable sur le long terme. », a-t-il déclaré lors d’une interview accordée à La Tribune dimanche.
Il explique, d’autre part, que cette mesure va également avoir un impact négatif sur les États-Unis. « Ce serait évidemment une catastrophe pour tout le monde mais, j’insiste, d’abord pour l’économie américaine. », a-t-il insisté. Pour rappel, l’UE et les États-Unis devaient poursuivre les négociations jusqu’à la mi-juillet. Un accord qui n’est plus valable compte tenu de la récente annonce de Donald Trump.
Certains secteurs seront lourdement impactés par la hausse des droits de douane
Rappelons que les États-Unis ont frappé fort depuis le début de l’année, avec plusieurs hausses de taxes consécutives, à commencer par une augmentation de 25 % sur l’acier et l’aluminium en mars. Celle-ci a été suivie par une deuxième augmentation en avril, de 25 % sur les automobiles et de 20 % sur tous les produits provenant d’Europe. Sur le reste des exportations européennes, les droits de douane de 10 %, mis en place lors du précédent mandat de Trump, demeurent en vigueur.
La France s’inquiète particulièrement pour les secteurs qui affichent un chiffre important des exportations vers les États-Unis. Cela concerne, notamment, l’aéronautique, avec un total de 9,1 milliards d’euros, ce qui représente 18,1 % des exportations. Viennent ensuite les boissons avec 4,1 milliards d’euros (8,4 %), puis les produits pharmaceutiques à hauteur de 3,8 milliards d’euros (7,9 %), comme le précisent les chiffres du ministère de l’Économie.
Dans la suite de l’interview accordée à La Tribune Dimanche, Laurent Saint-Martin a été interrogé à propos des approches que pourrait entreprendre l’Europe pour répondre à cette hausse des droits de douane. Il explique que l’impact de cette mesure est différent pour chaque État de l’Union européenne, ce qui influence la riposte. « Nous ne partageons pas tous le même avis sur les niveaux de réponse à apporter. Il y a des nuances qui dépendent des vulnérabilités, des sensibilités, du rapport aux filières de chaque État-membre. », a-t-il avancé.








