Depuis plusieurs semaines, la RATP applique une politique plus stricte concernant la validité des photos sur le Pass Navigo, provoquant une vague d’amendes et d’indignation parmi les usagers des transports parisiens. Cette mesure, bien que prévue par le règlement d’Île-de-France Mobilités, est de plus en plus appliquée avec rigueur, au point de susciter de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux et dans la presse.
Un usager de la RATP a raconté au Parisien son expérience le 6 mai dernier à Paris. Malgré la présentation d’un Pass Navigo valide, il s’est vu infliger une amende de 50 euros car sa photo, usée et effacée avec le temps, ne permettait plus une identification claire. Sa contestation a été rejetée par un second contrôleur, qui a même affirmé qu’il ne le reconnaissait même pas sur sa carte d’identité.
Cette situation, largement relayée sur la plateforme X, reflète un phénomène grandissant : la multiplication des verbalisations liées à la qualité des photos sur les titres de transport.
Une règle ancienne, appliquée plus strictement par la RATP
Le règlement d’Île-de-France Mobilités impose que le Pass Navigo comporte une photo récente, nette, ressemblante et que les informations personnelles soient lisibles. Un titre jugé illisible ou déchiré est une infraction passible d’amende. Cette disposition existe depuis longtemps, mais depuis 2024, la RATP a accru ses contrôles de 30 % sur le réseau de surface, et prévoit de doubler ses opérations de contrôle sur le réseau ferré d’ici 2026. Cette intensification semble donc s’accompagner d’une application plus rigoureuse des règles, au détriment parfois des usagers.
Ce qui aggrave la perception négative des contrôles, c’est que les agents perçoivent 10 % des recettes des amendes payées immédiatement. Ainsi, pour une contravention de 50 euros, un contrôleur gagne 5 euros. Ce système, qui existe depuis plusieurs années, est aujourd’hui critiqué car il pourrait inciter à la multiplication des verbalisations, y compris dans des situations discutables.
Comment contester et prévenir ces amendes ?
Pour contester une amende, il est crucial de ne pas la régler immédiatement. Les usagers disposent de trois mois pour adresser une réclamation par courrier recommandé au centre de recouvrement du transporteur, en expliquant les motifs de contestation et en joignant des preuves éventuelles. Passé ce délai, l’amende est automatiquement majorée.
Par ailleurs, une solution simple et efficace pour éviter ce type d’amende est de mettre à jour la photo de son Pass Navigo gratuitement dans n’importe quelle station ou guichet. Cette démarche, souvent négligée, permet de s’assurer que la photo reste conforme aux exigences du règlement et d’éviter ainsi une verbalisation.
Si la RATP justifie ces mesures par la nécessité d’assurer la sécurité et l’identification des usagers, la sévérité de la sanction pour une photo floue ou ancienne est souvent perçue comme excessive. Cette situation interroge sur la manière dont les règles sont appliquées et sur l’équilibre à trouver entre respect du règlement et compréhension des réalités du quotidien des voyageurs.








