La Chine ne cesse d’élargir sa clientèle en Europe. Face à l’essor fulgurant des plateformes de commerce en ligne comme Shein et Temu, le gouvernement français entend réagir. La ministre déléguée chargée du Commerce et de la Consommation, Véronique Louwagie, a annoncé vouloir tripler les contrôles effectués sur les produits en provenance de Chine.
Cette mesure concerne notamment les petits colis dont la valeur est inférieure à 150 euros, lesquels sont actuellement exonérés de droits de douane à leur entrée sur le territoire européen.
Selon Véronique Louwagie, « les normes ne sont pas du tout respectées, à la fois en termes de conditions de fabrication et de mises sur le marché ». Ces propos, relayés par Le Figaro le 16 mai, traduisent une volonté de renforcer la surveillance de ces produits qui alimentent, selon les acteurs du commerce, une concurrence jugée déloyale vis-à-vis des commerces français. En parallèle, la ministre envisage « une interdiction de la publicité » pour les plateformes concernées, une décision qui pourrait également figurer dans une circulaire à venir.
Inquiétudes quant à un possible afflux de produits de la Chine vers l’Europe
Cette décision intervient dans un contexte de tension économique accrue entre les États-Unis et la Chine, qui alimente les inquiétudes quant à un possible afflux de produits chinois vers l’Europe. En 2024, 4,6 milliards de colis d’une valeur inférieure à 150 euros ont été introduits sur le marché européen. Parmi eux, 91 % venaient de Chine. La France a, à elle seule, reçu 800 millions de ces colis sur un total de 1,5 milliard distribués dans l’Hexagone.
Ce flux de marchandises bénéficie de règles fiscales favorables, ce qui pénalise les commerçants européens confrontés à une forme de distorsion de concurrence. En réaction, la France a proposé en avril dernier la mise en place de « frais de gestion » sur ces envois pour financer les contrôles renforcés. Cette proposition vise à corriger une faille réglementaire tout en réduisant l’avantage compétitif de ces géants du e-commerce.
Les associations professionnelles et les syndicats du commerce saluent cette initiative, qu’ils réclamaient depuis plusieurs mois. Ils estiment que la multiplication des contrôles et une régulation plus stricte pourraient atténuer la pression subie par les commerces physiques et les plateformes européennes soumises à des normes plus contraignantes.
En attendant la mise en œuvre effective de ces mesures, les discussions se poursuivent au niveau européen, notamment autour de la révision des règles douanières. Le gouvernement français espère mobiliser ses partenaires pour harmoniser les contrôles et éviter un report massif des expéditions vers des pays aux réglementations plus souples.








