Une réforme d’envergure du système de pension de réversion est envisagée pour 2026. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) étudie actuellement plusieurs pistes visant à harmoniser et moderniser ce dispositif encore très inégal selon les régimes. L’objectif est de simplifier les règles d’attribution, de corriger certaines injustices et d’adapter le système aux évolutions des parcours de vie.
Le mode de calcul de la pension de réversion figure parmi les révisions majeures envisagées. Actuellement, son montant varie entre 50 et 60 % de la retraite perçue par le conjoint décédé, selon le régime concerné. Le COR envisage de fixer un taux unique, tout en proposant de nouvelles méthodes de calcul. L’une d’elles repose sur une double proratisation intégrant la durée du mariage et les années de cotisation du défunt, sans condition de ressources.
Une autre formule tiendrait compte du niveau de vie du conjoint survivant, en calculant la réversion comme deux tiers de la pension du défunt diminués d’un tiers de celle du survivant. Cette approche permettrait de supprimer les plafonds de ressources, actuellement en vigueur dans le régime général, où le seuil est fixé à 24 232 euros par an en 2024.
Une ouverture possible aux pacsés et concubins
Le critère du mariage, actuellement indispensable pour bénéficier d’une pension de réversion, pourrait évoluer. Le COR propose d’élargir le dispositif aux couples pacsés ou en concubinage, à condition d’une vie commune suffisamment stable et longue. Cette mesure viserait à adapter le système aux réalités conjugales contemporaines et à garantir une meilleure couverture du conjoint survivant, quelle que soit la nature du lien officiel.
Autre point en discussion : l’âge minimum requis pour toucher la pension de réversion. Aujourd’hui, les assurés du régime général doivent avoir au moins 55 ans, tandis que les fonctionnaires ne sont soumis à aucune condition d’âge. Pour mettre fin à ces disparités, le COR propose soit de fixer un âge minimum commun à tous les régimes, soit de supprimer cette condition. La décision finale dépendra des arbitrages budgétaires et des résultats des simulations actuellement menées.
Une entrée en vigueur progressive à partir de 2026 pour la réforme de la pensions de réversion
La question du remariage reste également posée. Dans certains régimes, le droit à la réversion disparaît en cas de remariage. Le COR n’a pas encore tranché sur cette disposition, mais son évolution pourrait devenir un point de débat au sein des discussions parlementaires. Ce critère, jugé obsolète par certains experts, interroge sur la compatibilité entre protection sociale et recomposition familiale.
Si ces propositions sont retenues, la réforme pourrait entrer en vigueur à partir de 2026. Elle ne concernerait que les nouvelles pensions de réversion. Les droits des bénéficiaires actuels ne seraient pas modifiés. Le calendrier reste à confirmer, mais les discussions actuelles devraient aboutir à une mise en œuvre progressive dès l’année prochaine. Cette réforme vise à construire un système plus équitable et plus adapté aux réalités de la société actuelle.








