Depuis le 30 avril 2025, les établissements financiers français peuvent désormais accorder des crédits en euros en échange d’une garantie sous forme de cryptomonnaies. Cette avancée majeure, rendue possible par l’évolution du Code monétaire et financier, marque un tournant dans l’intégration des actifs numériques dans le système bancaire traditionnel. Elle permet à tout détenteur de cryptos de conserver ses jetons tout en les mettant en gage pour obtenir des liquidités.
Cette opération, connue sous le nom de crédit lombard, consiste à nantir des actifs pour contracter un prêt. Ce mécanisme, déjà courant dans la finance traditionnelle avec des titres financiers, s’applique désormais aux portefeuilles de cryptomonnaies. Les établissements peuvent ainsi accorder un prêt à hauteur de 40 à 60 % de la valeur des actifs nantis, selon leur nature et leur volatilité. Les règles imposent toutefois que les cryptomonnaies soient détenues via des prestataires enregistrés (PSAN) et que toutes les obligations liées à la lutte contre le blanchiment soient respectées.
Un outil attractif pour obtenir des crédits, mais encore flou sur le plan fiscal
Pour les investisseurs en cryptoactifs, cette nouvelle possibilité pour obtenir des crédits constitue un outil stratégique. Elle offre l’accès à des liquidités sans devoir vendre les actifs, ce qui évite une cession potentiellement taxée. Elle permet également de conserver le potentiel de plus-value de ces actifs numériques, tout en finançant d’autres projets. Ce dispositif est particulièrement apprécié par ceux qui souhaitent mettre en œuvre des effets de levier ou optimiser leur fiscalité.
Toutefois, le cadre fiscal reste incertain. En l’état, le fait de mettre ses cryptos en garantie ne génère pas une imposition directe, tant qu’il n’y a pas de conversion en euros ou en biens. Mais cette position pourrait évoluer. Des juristes appellent à la prudence et recommandent des consultations spécialisées, car certains usages, comme les prêts dans la finance décentralisée ou les rendements issus du staking, peuvent déjà être soumis à l’impôt même sans vente.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de régulation européenne avec le règlement MiCA, qui harmonise les règles sur les cryptoactifs. Elle positionne la France comme un acteur favorable à l’innovation tout en encadrant les pratiques pour sécuriser les épargnants. Pour les établissements bancaires, cela ouvre aussi de nouveaux horizons en matière de produits financiers adossés aux actifs numériques. Reste à voir si le cadre fiscal et les pratiques opérationnelles suivront l’élan réglementaire déjà amorcé.








