Face à une situation budgétaire jugée préoccupante, François Bayrou a évoqué la possibilité d’un référendum pour faire adopter un plan global de réduction du déficit public. Cette proposition, bien qu’encore hypothétique, s’inscrit dans une dynamique plus large du gouvernement, qui souhaite associer les Français à des choix économiques structurants.
Dans un entretien accordé ce samedi au Journal du dimanche, le Premier ministre a défendu l’idée d’un plan cohérent et lisible, comprenant des efforts partagés par tous les citoyens. L’objectif affiché est de ramener le déficit public à moins de 3 % du PIB d’ici quatre ans, sans recourir à de nouveaux impôts. Cette orientation repose sur une baisse ciblée des dépenses, une simplification administrative et une amélioration de l’efficacité de l’action publique.
François Bayrou favorable à un référendum sur le budget pic.twitter.com/k6qIAKJfqV
— BFMTV (@BFMTV) May 4, 2025
Le référendum, un levier démocratique pour légitimer la réponse à la crise du déficit public
François Bayrou insiste sur l’importance de l’adhésion populaire à ce programme, estimant qu’aucune réforme d’ampleur ne peut réussir sans le soutien explicite des citoyens. S’il rappelle que la décision d’organiser un référendum appartient au président de la République, il défend cette voie comme une solution démocratique face aux blocages parlementaires et à la défiance sociale. Jamais utilisée sous la Ve République pour une réforme budgétaire, cette option témoigne d’une volonté d’impliquer directement les Français.
Dans le sillage du Premier ministre, la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, a réaffirmé ce dimanche sur Europe 1 que le pays devait « prendre à bras-le-corps la question de ses finances publiques ». Elle plaide elle aussi pour un plan d’ensemble, mettant en avant une responsabilité collective et la nécessité de réindustrialiser le pays pour relancer la production. Selon elle, un référendum permettrait d’associer tous les Français, tout en reconnaissant qu’il est aussi possible de faire avancer le débat au Parlement.
Une mobilisation pour anticiper les prochaines échéances
Le gouvernement, qui prépare déjà le budget 2026, estime qu’il lui faudra trouver 40 milliards d’euros d’économies supplémentaires pour atteindre ses objectifs. Cette perspective ravive les débats sur l’efficacité de l’État et la nécessité de réformer ses missions. Une réduction des effectifs dans la fonction publique n’est pas exclue, mais elle devra s’accompagner d’une révision des périmètres d’action. Dans cette optique, la simplification administrative est également présentée comme une priorité.
Le cap est donc fixé : réduire le déficit sans augmenter la pression fiscale, tout en restaurant la confiance des citoyens dans la gestion publique. Le débat, qu’il passe par un référendum ou le Parlement, promet d’être central dans les mois à venir.








