Dans le cadre de la nouvelle réforme des retraites, les partenaires sociaux portent la responsabilité de parvenir à un accord d’ici l’automne. Malgré un climat politique et syndical tendu, la ministre du Travail, Astrid Panosyan-Bouvet, affiche sa confiance dans la capacité des négociations à aboutir sur l’avenir du système.
Le cadre du dialogue social a été partiellement fragilisé par le retrait de plusieurs organisations syndicales et patronales, dont Force ouvrière, la CGT et l’U2P, qui ont quitté la table des discussions ces dernières semaines. Néanmoins, la ministre se veut rassurante. Elle souligne que les partenaires restants ont acté une lettre d’objectifs commune, jugée « extrêmement responsable ». Ce document aborde plusieurs axes de travail : le retour à l’équilibre financier, la gouvernance du système, la répartition de l’effort contributif, les mécanismes de solidarité, l’usure professionnelle ou encore les spécificités des carrières féminines.
Une méthode assumée : faire sans bruit, avancer avec méthode
Astrid Panosyan-Bouvet revendique une manière d’agir discrète mais structurée, déjà appliquée dans d’autres dossiers comme l’apprentissage, où les réformes ont été relativement bien accueillies malgré des mesures d’économie. Elle insiste sur la nécessité de laisser le temps au dialogue, en précisant que quelques semaines supplémentaires ne remettent pas en cause les objectifs poursuivis. Pour elle, construire des compromis durables passe par une écoute attentive des acteurs encore engagés dans le processus.
Dans son entretien pour Ouest-France, la ministre rappelle que les pensions de retraite représentent un quart de la dépense publique, soit un euro sur quatre dépensé par l’État. Elle souligne également que le financement repose sur une logique de répartition immédiate, avec 30 % du super brut salarial mobilisé (16 % par l’employeur, 14 % par le salarié) pour payer les retraites actuelles. Ce modèle, typiquement français, est confronté à une baisse du taux d’activité des 60-64 ans, actuellement de 35 % en France, contre 60 % en Allemagne et 70 % en Suède.
Vers une réforme des retraites progressive et partagée
Pour Astrid Panosyan-Bouvet, la réforme des retraites ne doit pas être figée, mais évoluer en fonction de la démographie, de la productivité et du contexte économique. Elle plaide pour une adaptation continue du système, en accord avec les partenaires sociaux, afin d’assurer sa pérennité tout en préservant la solidarité intergénérationnelle. Le débat, dit-elle, est nécessaire pour faire comprendre les enjeux et favoriser des décisions collectives éclairées, dans un esprit de responsabilité partagée.
Les prochaines semaines seront donc cruciales pour déterminer l’issue des négociations entre partenaires sociaux en vue d’une nouvelle réforme du système des retraites.








