Retraites : la France au bord de la rupture budgétaire, les pensions généreuses menacées ?

Le financement du système de retraite français suscite un débat de plus en plus structurant.

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Retraites : la France au bord de la rupture budgétaire, les pensions généreuses menacées ? Crédit : Canva | Econostrum.info

La question du financement des retraites revient avec insistance dans le débat public. Dans un entretien accordé à L’Express, l’économiste Erwann Tison alerte sur la soutenabilité du système français actuel. Il juge que la France n’a plus les moyens de maintenir un niveau de pensions aussi élevé et propose une réforme de fond, en rupture avec les ajustements paramétriques successifs. 

Les propositions de la CGT, qui réclame l’abrogation de la réforme de 2023 et un retour à la retraite à 60 ans, s’inscrivent dans une logique opposée. Le syndicat souhaite financer ces mesures par une hausse des cotisations patronales et une taxation accrue des plus fortunés. Erwann Tison juge cette approche irréaliste et électoraliste, soulignant que les actifs ne peuvent plus porter seuls le poids du système. Il appelle à une répartition plus équitable des efforts entre générations, rapporte l’Express.

Des retraites qui pèsent de plus en plus sur les dépenses publiques

Les retraites représentent le premier poste de dépense de l’État, avec près de 400 milliards d’euros par an, soit environ un quart du budget national. Cette charge est appelée à croître dans un contexte démographique défavorable. À partir de 2030, la population active devrait diminuer d’environ 35 000 personnes par an, selon les projections du Conseil d’orientation des retraites. En parallèle, le nombre de retraités augmentera fortement, réduisant à 1,3 le ratio entre cotisants et retraités.

L’économiste met également en lumière l’écart croissant entre les cotisations versées et les pensions perçues. Les retraités ayant commencé leur carrière dans les années 1960 ont cotisé à des taux bien inférieurs à ceux exigés aujourd’hui. Pourtant, leurs pensions restent très supérieures en comparaison. La Cour des comptes estime à 110 milliards d’euros le déficit entre les contributions des actifs et les prestations versées. Tison considère que ce modèle n’est plus soutenable et propose de réduire les pensions les plus élevées ou de supprimer certains avantages fiscaux comme l’abattement de 10 %.

Une transition vers la capitalisation collective

Pour accompagner cette transformation, Erwann Tison propose d’introduire une part obligatoire de capitalisation. Elle serait financée par une réaffectation de quatre points de cotisation, sans augmenter les charges actuelles. Ce mécanisme permettrait de créer un fonds destiné à compléter les pensions à partir de 2040, tout en soutenant l’investissement productif. Il y voit une solution plus juste, qui ferait reposer une partie de l’effort sur les retraités actuels, et non plus uniquement sur les actifs.

Cette piste, encore taboue il y a quelques années, s’invite désormais dans les discussions institutionnelles. Pour ses partisans, elle constitue une alternative crédible à un système exclusivement fondé sur la répartition.

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