Le gouvernement a décidé de repousser l’application de la réforme concernant la TVA des auto-entrepreneurs. Ce projet, initialement prévu dans le budget 2025, devait abaisser le seuil de franchise de TVA à 25 000 euros de chiffre d’affaires annuel, contre les niveaux précédents compris entre 37 500 et 85 000 euros selon les secteurs.
Cette mesure avait suscité de vives réactions parmi les auto-entrepreneurs et déclenché un débat national sur ses conséquences économiques et sociales. Face à la pression des professionnels et des parlementaires, le ministre de l’Économie Éric Lombard a annoncé ce mercredi 30 avril à l’Assemblée nationale : « Nous constatons que la réforme proposée ne fait pas l’unanimité, ni pour, ni contre. »
Il a ajouté que « le gouvernement a pris la décision de suspendre la mise en œuvre de la réforme et de laisser le débat se tenir sereinement dans le cadre du projet de loi de Finances pour 2026 ». Cette suspension avait déjà été évoquée en février dernier, avec une première pause annoncée jusqu’en juin, en attendant des concertations plus approfondies.
TVA auto-entrepreneurs : « La réforme proposée (dans le budget 2025) ne fait pas l’unanimité », répond @Eric_R_Lombard. Le gouvernement « a pris la décision de suspendre la mise en œuvre de la réforme et de laisser le débat se tenir sereinement » dans le budget 2026.#DirectAN #QAG pic.twitter.com/l3jvXKZZUT
— LCP (@LCP) April 30, 2025
L’abaissement du seuil d’exemption de la TVA des auto-entrepreneurs au cœur de vives tensions
L’annonce initiale de l’abaissement du seuil avait pris de nombreux auto-entrepreneurs de court, en provoquant une vague de protestations. Beaucoup craignaient que cette mesure ne remette en cause l’équilibre économique de leur activité, en les obligeant à facturer la TVA à leurs clients sans bénéficier de la récupération sur leurs propres achats. La mobilisation rapide des concernés, soutenue par des élus de tous bords, avait conduit le gouvernement à temporiser.
En février, Bercy avait indiqué vouloir « travailler avec les acteurs et les parlementaires à des réponses adaptées aux préoccupations exprimées lors de cette concertation ». Le message était clair : la réforme devait être réévaluée, au regard de ses répercussions concrètes sur des centaines de milliers d’indépendants et de très petites entreprises.
Ce report jusqu’au prochain budget ouvre désormais une période d’incertitude pour les auto-entrepreneurs. Si certains y voient un soulagement temporaire, d’autres dénoncent un manque de clarté sur les intentions réelles du gouvernement. Pour nombre d’entre eux, l’absence de prévisibilité sur les règles fiscales à venir complique leur gestion quotidienne et leurs projections financières.
En attendant le débat budgétaire de l’automne 2025, les auto-entrepreneurs restent donc dans l’expectative. Le gouvernement, de son côté, devra composer avec un contexte social tendu et des équilibres budgétaires serrés, tout en préservant un régime plébiscité pour sa simplicité et sa flexibilité.







