Une coalition inédite de plus de 200 médias français a assigné le groupe américain Meta devant le tribunal des activités économiques de Paris. L’objet de leur plainte : des pratiques jugées illégales en matière de publicité en ligne, fondées sur une exploitation massive et non consentie des données personnelles des utilisateurs.
Les avocats des plaignants, Me Didier Théophile (cabinet Darrois) et le cabinet américain Scott+Scott, dénoncent des pratiques commerciales déloyales qui auraient causé un préjudice économique massif aux médias français. Selon eux, Meta aurait capté une part disproportionnée du marché publicitaire numérique grâce à ses méthodes de ciblage ultra-précises, réalisées sans information ni consentement préalable des utilisateurs.
Les avocats soulignent que Meta et Google représentent ensemble 75 % du marché de la publicité en ligne, et 90 % de sa croissance. Pour Meta, la publicité constitue 98 % de son chiffre d’affaires mondial. En détournant à son profit l’essentiel des investissements publicitaires, Meta aurait privé les médias français de ressources essentielles à leur modèle économique, basé en grande partie sur la publicité.
Publicité en ligne: 200 médias français attaquent Meta pour « pratiques illégales » (avocats)
— CGTN Français (@CGTNFrancais) April 23, 2025
Qui sont les médias qui ont attaqué Meta ?
Parmi les plaignants figurent des groupes majeurs du paysage audiovisuel et de la presse française : TF1, France Télévisions, Radio France, Le Figaro, Ouest France, RMC-BFM, Europe 1, Libération, ainsi que des titres de la presse magazine comme Marianne, Voici ou encore Prisma Media. Tous reprochent à Meta, maison mère de Facebook et Instagram, d’avoir mis en place un système de ciblage publicitaire reposant sur la collecte massive de données personnelles, en violation du Règlement général sur la protection des données (RGPD).
Les plaignants espèrent que cette action collective marquera un tournant dans la régulation du numérique en France et en Europe. En contestant les méthodes de collecte et de traitement des données personnelles, ils visent à rétablir des conditions de concurrence équitables dans le secteur très disputé de la publicité numérique. Ils demandent également une indemnisation financière à la hauteur des pertes qu’ils estiment avoir subies.
Aucune réaction de Meta
Meta n’a pour l’heure pas réagi officiellement à cette assignation. Mais cette offensive judiciaire pourrait ouvrir une nouvelle étape dans les tensions croissantes entre les acteurs traditionnels des médias et les géants du numérique, accusés de fragiliser l’économie des contenus en ligne tout en concentrant la majorité des revenus publicitaires. Le bras de fer juridique débute donc officiellement entre les médias et Meta, et c’est le tribunal des activités économiques de Paris qui va donc se pencher sur le dossier.








