Retraite : pourquoi le gouvernement veut mettre fin à l’abattement fiscal de 10 %

Pour faire des économies dans le cadre du budget 2026, le gouvernement cible les retraités. En effet, l’abattement fiscal de 10 % est sur la sellette.

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Abattement fiscal de 10 % : pourquoi le gouvernement veut-il y mettre fin ? Crédit : Canva | Econostrum.info

En France, environ 15 millions de foyers bénéficient de l’abattement fiscal de 10 % qui est destiné aux retraités, mais cela pourrait prendre fin prochainement. Le gouvernement envisage en effet de supprimer ce dispositif, une manœuvre qui pourrait lui permettre d’économiser 5 milliards d’euros par an.

L’abattement fiscal de 10 % s’applique automatiquement aux pensions de retraite, ainsi qu’aux pensions de réversion, d’invalidité et alimentaires. Il vise à compenser des dépenses supplémentaires liées à la vieillesse, comme les frais de santé, mais aussi à compenser l’impossibilité pour les retraités de sous-déclarer leurs revenus, versés directement par les caisses de retraite. Par exemple, un couple de retraités percevant 1 800 euros de retraite par mois chacun verra son revenu fiscal de référence passer de 43 200 euros à 38 880 euros, ce qui réduit son impôt de 1 760 à 1 068 euros.

Pourquoi l’abattement fiscal de 10% est-il remis en cause ?

Le gouvernement cherche à économiser 40 milliards d’euros pour boucler le budget 2026, et la suppression de cet abattement fiscal pourrait permettre de récupérer 5 milliards d’euros par an, selon Le Parisien. La justification avancée par ceux qui défendent cette mesure d’économie repose sur l’évolution du contexte depuis 1977. L’instauration du prélèvement à la source en 2019 a éliminé le choc fiscal lié au décalage d’imposition, et les retraités bénéficient d’un niveau de vie légèrement supérieur à celui des actifs. De plus, certains jugent injuste qu’ils bénéficient d’une déduction fiscale similaire à celle accordée aux actifs pour leurs frais professionnels.

La suppression de l’abattement fiscal ne toucherait pas tous les retraités de la même manière. Selon l’économiste Pierre Madec, cette mesure n’aurait pas d’impact sur les retraités les plus modestes, qui sont souvent non imposables. En revanche, les retraités les plus aisés seraient fortement pénalisés, avec une augmentation moyenne de l’impôt de 850 euros pour les 5 % les plus riches. De plus, la suppression de cet abattement ferait basculer environ 500 000 foyers dans l’imposition et augmenterait la fiscalité pour 8,5 millions de ménages. Cela pourrait également remettre en question l’accès à certaines aides sociales, comme la MaPrimeAdapt ou le taux réduit de CSG.

Réactions et conséquences

Les syndicats et la plupart des partis politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite, s’opposent à la suppression de cet abattement fiscal. Ils soulignent que cette mesure pénaliserait des retraités, souvent modestes, qui ont cotisé toute leur vie. Bien que la suppression de cet avantage fiscal ne soit pas encore décidée, elle pourrait devenir un point de friction majeur entre le gouvernement et les retraités, surtout à l’approche des prochaines élections. Les retraités, en particulier les plus assidus pour accomplir leur devoir électoral, pourraient manifester contre cette mesure.

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