À compter du 1er mai 2025, les propriétaires de voitures électriques devront s’acquitter de la carte grise. Jusqu’ici exonérés de cette taxe dans la plupart des régions françaises, les usagers ne payaient que les frais de gestion, représentant quelques dizaines d’euros. Cette exonération, introduite pour soutenir la transition énergétique, est désormais remise en question dans un contexte budgétaire tendu pour les collectivités.
La carte grise gratuite pour les véhicules électriques constituait un des nombreux leviers utilisés pour stimuler le passage à la mobilité propre. Elle permettait aux acheteurs de réduire le coût d’acquisition d’un véhicule neuf, déjà plus élevé que pour un modèle thermique équivalent. Mais selon une enquête d’Auto Plus relayée par RTL, la majorité des régions mettront fin à cette exonération en mai.
Des montants variables selon les territoires
Les tarifs de la taxe régionale varient selon la localisation. En Nouvelle-Aquitaine, le montant est passé de 45 à 53 euros au 1er janvier 2025, tandis qu’en Normandie, il est passé de 46 à 60 euros. Ces évolutions reflètent une tendance nationale à la hausse des taxes sur les certificats d’immatriculation, dans un contexte où les recettes liées à la fiscalité des carburants diminuent progressivement.
Seules quelques régions, comme les Hauts-de-France, maintiennent encore des exonérations pour les véhicules dits « propres », mais ces politiques sont également en révision. Des annonces sont attendues d’ici l’été, laissant planer l’incertitude sur la pérennité de ces avantages locaux.
Impact de la carte grise payante sur le marché de l’électrique ?
Si certains professionnels redoutent un ralentissement de l’adoption des véhicules électriques, d’autres estiment que la mesure aura un impact limité, la carte grise représentant une part marginale du coût total d’un véhicule. Ce sont surtout les prix d’achat, les aides publiques (bonus écologique, prime à la conversion) et la disponibilité des bornes de recharge qui influencent la décision des acheteurs.
Du côté des consommateurs, les infrastructures de recharge demeurent un enjeu prioritaire. Le déploiement reste hétérogène selon les régions, et les pannes ou saturations sont régulièrement signalées. En parallèle, l’État maintient certains soutiens à l’achat électrique, mais le retrait progressif des avantages fiscaux pose la question de la pérennité de l’engagement public dans cette transition.
En supprimant la gratuité de la carte grise, les collectivités cherchent à diversifier leurs ressources, tout en adaptant leur fiscalité à une économie décarbonée. Reste à voir si cette décision influencera durablement la dynamique du marché de l’électrique.








