Une trentaine de laboratoires pharmaceutiques, parmi lesquels figurent des géants comme Pfizer, Sanofi, Roche, Novartis et Novo Nordisk, ont envoyé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans laquelle ils avertissent qu’ils pourraient transférer 16,5 milliards d’euros d’investissements hors de l’Europe, notamment vers les États-Unis, si des contreparties ne sont pas rapidement mises en place.
Les dirigeants de ces entreprises ont déclaré leur volonté d’augmenter la part de marché européen, qui représente actuellement 22,7% des ventes mondiales de médicaments. Cependant, cette augmentation dépend de la mise en place de réformes significatives sur le marché européen, en particulier concernant la politique des prix des médicaments et les procédures réglementaires. Selon eux, « faute de contreparties de l’UE, ils transfèreront 16,5 milliards d’euros d’investissements prévus hors du continent ».
La politique des prix des médicaments dans la ligne de mire des laboratoires pharmaceutiques
Ils dénoncent une politique européenne qui favorise moins l’innovation par rapport aux États-Unis et des processus administratifs jugés trop complexes. L’un des points évoqués par les signataires est la nécessité de réformer la politique des prix des médicaments en Europe, jugée moins avantageuse que celle pratiquée par les États-Unis. Ils appellent également à des ajustements concernant les procédures d’essais cliniques multinationaux et l’optimisation des processus réglementaires en matière de médicaments.
Un autre facteur de mécontentement est la directive européenne visant à améliorer le traitement des eaux usées, qui pourrait « alourdir les charges du secteur ». Les entreprises pharmaceutiques réclament donc une révision de cette directive afin de garantir que l’Europe reste un terrain attractif pour les investissements dans la recherche et le développement.
Actuellement, les produits pharmaceutiques sont exemptés de droits de douane par les États-Unis. Toutefois, l’incertitude plane sur cette exemption et les industriels redoutent une remise en question de cette politique. Cela pourrait accélérer le déplacement des investissements vers les États-Unis, où les conditions économiques et réglementaires sont jugées plus favorables. De grandes entreprises pharmaceutiques comme Eli Lilly et Johnson & Johnson ont déjà annoncé des investissements massifs aux États-Unis, respectivement 27 milliards et 55 milliards de dollars, pour renforcer leur production locale.
Les 32 signataires de cette lettre relayée par plusieurs médias à la Commission européenne insistent sur la nécessité de réagir rapidement. Selon eux, « l’Europe doit réagir pour éviter l’exode vers les États-Unis ». Un tel scénario, avertissent-ils, risquerait d’affaiblir l’industrie pharmaceutique européenne et d’impacter la compétitivité de l’UE dans ce secteur stratégique.
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