Dette de la France : l’agence de notation Moody’s s’apprête à revoir sa note, va-t-elle l’abaisser ?

Moody’s s’apprête à revoir le vendredi 11 avril sa note de la dette souveraine française.

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Photo du fronton de l’agence Moody’squi s'apprête à revoir la note de la dette française
Dette de la France : l'agence de notation Moody's s'apprête à revoir sa note, va-t-elle l'abaisser ? | Econostrum.info

L’agence de notation Moody’s s’apprête à revoir le vendredi 11 avril sa note de la dette souveraine française, à un moment où l’économie mondiale est déstabilisée par la guerre commerciale et les droits de douane américains.

Après avoir abaissé la note de la France en décembre dernier, Moody’s pourrait confirmer cette dégradation ou modifier ses perspectives économiques en fonction des nouveaux développements économiques et politiques.

En décembre, sous l’impulsion de François Bayrou, récemment nommé Premier ministre, Moody’s avait abaissé la note souveraine de la France de Aa2 à Aa3 en raison de la « fragmentation politique » du pays, une situation qui selon l’agence rendait difficile la mise en place de réformes budgétaires rapides.

Cette rétrogradation avait été accompagnée d’une perspective stable, suggérant qu’une nouvelle révision n’était pas attendue à court terme. Cependant, l’incertitude croissante sur le plan national et international, notamment en raison des nouvelles surtaxes douanières imposées par les États-Unis, pèse désormais sur les prévisions économiques du pays.

« Le scénario le plus probable, c’est que la note soit confirmée. C’est un peu plus incertain pour la perspective », indique Norbert Gaillard, économiste et consultant indépendant, cité par l’AFP. Cette incertitude reflète les tensions économiques et commerciales mondiales qui affectent particulièrement la France, confrontée à des défis internes et externes. L’expert poursuit en soulignant que « deux rétrogradations pour un pays aussi bien noté en l’espace de quatre mois, ce n’est pas du tout courant. C’est ce qui est arrivé aux pays d’Europe du Sud pendant la crise de la dette en 2010-2012 ».

La situation économique de la France reste fragile, et le pays doit faire face à des défis budgétaires importants. Bien que le gouvernement ait adopté un budget pour 2025 avec des efforts budgétaires de 50 milliards d’euros, la menace de nouvelles crises politiques, notamment avec la possibilité d’une motion de censure, pèse sur la stabilité économique.

De plus, les droits de douane massifs imposés par Donald Trump, notamment sur la Chine, risquent de coûter à la France « plus de 0,5% du PIB » et d’avoir des conséquences économiques sévères, avec des risques de pertes d'emplois et un ralentissement économique plus marqué, selon François Bayrou.

La dette française face aux défis budgétaires du gouvernement dans un contexte d’incertitude économique mondiale

En conséquence, l’OFCE prévoit des difficultés accrues pour la France à atteindre ses objectifs budgétaires. Le déficit public, qui devrait être réduit à 5,4% du PIB en 2025, reste un défi majeur, surtout en période de faible croissance. Norbert Gaillard estime que, avec une croissance plus faible que prévu, « le gouvernement a très peu de marges de manœuvre ». Cette situation pourrait également entraîner des mesures impopulaires, comme des hausses de la TVA ou des efforts demandés aux retraités, ce qui pourrait déclencher des manifestations et des grèves.

Dans un contexte mondial plus protectionniste et nationaliste, l’expertise économique de la France et ses institutions solides demeurent des atouts importants. Cependant, les perspectives à court terme sont marquées par l’incertitude et la nécessité de trouver des solutions pour maintenir la stabilité économique dans un environnement mondial instable.

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