Donald Trump s’apprête à franchir une nouvelle étape dans sa stratégie économique en préparant une offensive monétaire sans précédent. Après les droits de douane visant à protéger l’industrie américaine, le Président américain envisage de provoquer une dépréciation de 30 % du dollar.
Cette mesure, portée par son conseiller économique Stephen Miran, vise à renforcer la compétitivité des entreprises américaines en rendant les produits importés plus chers et en stimulant la production nationale.
Trump estime que le dollar est surévalué depuis deux décennies, ce qui aurait contribué à la désindustrialisation du pays. La parité actuelle entre l’euro et le dollar tourne autour de 1,05 à 1,10 dollar pour un euro, alors qu’il considère qu’un taux de change de 1,5 dollar pour un euro serait plus approprié. Selon lui, cette surévaluation a nui à la balance commerciale des États-Unis et favorisé l’importation de produits à bas coût venus de Chine et d’Europe.
Trump veut lancer un bras de fer monétaire aux conséquences mondiales
Le plan envisagé consiste à inciter les banques centrales étrangères à vendre massivement du dollar afin d’en faire chuter la valeur. En parallèle, la Réserve fédérale américaine interviendrait en rachetant ces dollars, pour éviter un effondrement incontrôlé. Si les partenaires commerciaux des États-Unis ne suivent pas cette ligne, Washington menace de renforcer les taxes douanières déjà en place. Cette stratégie pourrait profondément déstabiliser les échanges internationaux.
Une baisse de 30 % du dollar aurait des conséquences immédiates : les produits étrangers deviendraient plus chers pour les consommateurs américains, ce qui réduirait leur compétitivité sur le marché intérieur. En revanche, les exportations américaines seraient avantagées par un dollar faible. Ce levier économique est destiné à corriger le déséquilibre commercial chronique des États-Unis.
Mais cette politique monétaire agressive pourrait aussi engendrer des tensions diplomatiques et commerciales majeures. Les pays exportateurs vers les États-Unis, notamment en Asie et en Europe, pourraient riposter par des mesures similaires ou par une baisse coordonnée de leur propre monnaie. Le risque d’une guerre des devises est donc réel.
Les observateurs qualifient cette orientation de pari risqué, voire de démarche relevant plus de l’idéologie politique que d’une véritable stratégie économique. La fragilité des équilibres monétaires mondiaux rend une telle initiative périlleuse, notamment dans un contexte de croissance ralentie et d’instabilité géopolitique.
Si ce plan venait à être mis en œuvre, il pourrait redéfinir les rapports de force dans l’économie mondiale, mais aussi accroître l’incertitude sur les marchés financiers, déjà fortement sensibles aux décisions unilatérales des grandes puissances.








