Le financement des industries de défense par l’épargne des Français fait débat. Amélie de Montchalin souligne que ces entreprises sont exclues des produits d’épargne durable, une situation qu’elle remet en question. Une réunion est prévue le 20 mars pour discuter d’un éventuel assouplissement des règles en vigueur.
Interrogée sur LCI, Amélie de Montchalin a souligné l’existence d’un débat sur l’exclusion des industries de défense des dispositifs d’épargne durable. Actuellement, des règles liées à la responsabilité sociale des entreprises (RSE) et à la directive européenne sur la taxonomie empêchent les acteurs financiers d’orienter des fonds vers ces industries, considérées comme non durables.
Le sujet sera abordé le 20 mars, lors d’une réunion entre Éric Lombard, ministre de l’Économie, et Sébastien Lecornu, ministre des Armées, qui échangeront avec les banquiers et assureurs sur les moyens de renforcer le financement de la défense. Selon la ministre, un nombre important d’épargnants français ignorent que leur argent est dirigé vers plusieurs secteurs économiques, à l’exception du secteur de la défense.
Épargne et défense : un débat relancé en Europe et en France
Dans un contexte de réarmement en Europe, la question du financement des industries militaires suscite une réflexion plus large. Selon Amélie de Montchalin, il est légitime de se demander si ces exclusions ne devraient pas être supprimées afin de permettre à ces industries d’accéder plus facilement aux financements.
Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation et président du Conseil des industries de défense françaises (Cidef), milite également en faveur d’un soutien plus marqué. Il estime que les fonds européens alloués à la défense doivent bénéficier exclusivement aux industries européennes et ne pas être freinés par des restrictions financières.
Un soutien croissant des Français au renforcement militaire
Selon un sondage Ipsos-Cesi publié par La Tribune Dimanche, 68 % des Français approuvent une augmentation du budget de la défense. En outre, 50 % des sondés accepteraient une hausse du temps de travail pour financer cet effort, même si ce n’est pas leur option préférée.
La ministre a aussi évoqué les conséquences économiques d’un marché de l’emploi plus dynamique. Elle estime que créer 1,5 million d’emplois, notamment chez les seniors et les jeunes, permettrait de réduire mécaniquement le déficit public de 25 milliards d’euros.
Vers une révision des priorités budgétaires ?
Amélie de Montchalin a réfuté tout projet de confiscation de l’épargne des Français et toute coupe budgétaire arbitraire dans des domaines comme la santé, l’éducation ou la transition écologique. Toutefois, elle a insisté sur la nécessité d’un bilan des mesures mises en place pendant la crise du Covid et de l’inflation, afin de mettre fin à celles devenues obsolètes.
La ministre annoncera également, ce vendredi, les résultats de la lutte contre la fraude en 2024, ainsi que les milliards d’euros récupérés grâce aux actions menées. Enfin, elle a critiqué certaines positions politiques, évoquant un « esprit de défaite » sur la question du réarmement, aussi bien à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche, où certains estiment que la montée en puissance militaire pourrait fragiliser le modèle social français.
Le débat sur le rôle de l’épargne dans le financement de la défense s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la stratégie budgétaire et les priorités économiques de la France.








