À l’occasion de la 109ᵉ Journée internationale des droits des femmes, l’ONG Oxfam a publié un rapport soulignant le retard pris par la France en matière d’égalité entre les sexes. Malgré la promesse du président Emmanuel Macron d’en faire une « grande cause » du quinquennat, l’organisation dénonce des avancées trop lentes et des moyens financiers insuffisants pour lutter contre les inégalités.
Selon Oxfam, il faudrait encore près de 300 ans pour atteindre une égalité de genre à l’échelle mondiale si le rythme actuel était maintenu. L’ONG met en avant la faiblesse des moyens alloués à la politique de l’égalité femmes-hommes en France.
Un budget limité et des inégalités persistantes
Le ministère dédié dispose d’un budget inférieur à 100 millions d’euros en 2025, soit 0,02 % du budget total de l’État. En comparaison, l’Espagne consacre plus de 500 millions d’euros à cette cause, renforçant les politiques publiques et les dispositifs de soutien aux droits des femmes. Cette différence de moyens explique, selon Oxfam, l’écart entre les ambitions affichées par la France et les résultats concrets sur le terrain.
Sur le marché du travail, les écarts de rémunération entre hommes et femmes restent significatifs. L’Insee révèle que les Françaises gagnent en moyenne 22,2 % de moins que leurs homologues masculins dans le secteur privé. Le Forum économique mondial classe la France à la 48ᵉ place en matière d’égalité économique entre les sexes. Oxfam estime qu’il faudra encore 50 ans pour combler ces écarts salariaux.
Les femmes sont également pénalisées par la répartition des rôles familiaux. Le congé parental, indemnisé à hauteur d’environ 400 euros par mois, est majoritairement pris par les mères, qui interrompent plus souvent leur carrière pour s’occuper des enfants. Le congé paternité, limité à 28 jours, reste peu utilisé. À titre de comparaison, en Suède, les pères bénéficient de 480 jours de congé parental rémunérés à 80 % du salaire, et près de 90 % d’entre eux en profitent pleinement.
🚨 30 years of promises? 30 years of betrayal. 🚨
In 1995, leaders pledged gender equality. Instead, we’ve seen rollbacks on SRHRs, bodily autonomy & fundamental rights.https://t.co/jeAkFmMJ5k
👀 What’s changed in YOUR country over 30 years? Progress or failure? Drop your… pic.twitter.com/RppLTNlYVF
— Oxfam International (@Oxfam) March 8, 2025
Violences sexistes et recul de la diplomatie féministe
Malgré une augmentation de 20 % du budget dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, les financements restent largement insuffisants pour répondre à l’ampleur du problème. En 2023, 373 000 femmes ont été victimes de violences physiques, sexuelles ou psychologiques de la part de leur conjoint ou ex-conjoint. Les associations féministes réclament une « loi-cadre intégrale » pour renforcer les dispositifs de protection, une demande restée sans réponse du gouvernement.
Sur le plan international, la France, qui revendiquait une diplomatie féministe, a réduit de 37 % son Aide publique au développement, diminuant les ressources consacrées à la promotion de l’égalité des sexes dans le monde. Oxfam alerte sur les conséquences de ces coupes budgétaires, alors que l’ONU souligne l’érosion des financements pour les programmes en faveur des femmes à l’échelle mondiale.
Face à ces constats, l’ONG appelle les pouvoirs publics à renforcer leurs engagements et à mettre en place des mesures concrètes pour lutter contre les inégalités de genre. Sans une action plus volontariste, la France risque de voir reculer ses avancées en matière de droits des femmes.








