La Commission européenne a récemment décidé d’assouplir les restrictions sur les émissions de CO2 des voitures, notamment celles roulant au diesel, un choix qui pourrait modifier les dynamiques du marché automobile. Cette décision permet aux constructeurs de poursuivre la production de véhicules diesel sans risquer de sanctions immédiates, entraînant un regain d’intérêt pour cette motorisation que l’on pensait vouée à disparaître.
Malgré la montée en puissance des véhicules électriques, le diesel séduit encore une partie des automobilistes, en particulier ceux qui parcourent de longues distances. Pour ces conducteurs, le coût du carburant et l’autonomie restent des critères majeurs, rendant le diesel plus attractif que l’essence ou l’électrique.
De nombreux concessionnaires constatent une augmentation des ventes de véhicules diesel d’occasion. Chez certains revendeurs, la demande aurait progressé de 10 à 20 % en un an, indique TF1. Certains automobilistes ayant testé l’électrique font même marche arrière, expliquant que l’infrastructure de recharge reste insuffisante et que l’autonomie des batteries ne correspond pas à leurs besoins. Pour eux, le diesel demeure une alternative plus fiable et plus économique sur le long terme.
Des constructeurs prolongent la production de modèles diesel
Face à cette demande persistante, plusieurs constructeurs ont décidé de maintenir la production de modèles diesel qui devaient initialement disparaître du marché. Des voitures comme la Citroën C5 Aircross, la Peugeot 308 ou encore la Volkswagen Tayron continueront d’être produites en version diesel, malgré des stratégies précédemment axées sur l’électrification.
Chez Stellantis, l’usine de Rennes-Chartres-de-Bretagne, qui avait prévu de réduire drastiquement sa production diesel, a finalement revu ses plans. La direction a récemment annoncé la remise en place d’une demi-équipe, qui avait été supprimée en décembre 2024, pour répondre à la forte demande en motorisations diesel. Cela s’est traduit par le rappel de 200 intérimaires, preuve que le marché n’est pas encore prêt à abandonner totalement cette technologie.
Un assouplissement des règles européennes qui change la donne
L’Union européenne a également décidé de ne pas sanctionner les constructeurs en retard sur leurs objectifs de réduction des émissions de CO2 pour 2025. Cette mesure donne un sursis aux fabricants de voitures thermiques, qui peuvent ainsi continuer à produire et vendre des véhicules diesel sans risquer d’amendes.
Ce délai supplémentaire permet aux constructeurs d’ajuster progressivement leur transition vers l’électrique, en fonction des évolutions technologiques et des infrastructures disponibles. Certains experts estiment que cet assouplissement pourrait repousser encore davantage la fin du diesel, en particulier pour les voitures à usage professionnel ou pour les gros rouleurs.
Un avenir incertain pour le diesel à long terme
Si cet assouplissement des règles donne un second souffle au diesel, il ne remet pas en cause l’objectif de fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035, prévu par l’Union européenne. À cette date, seuls les véhicules électriques et ceux fonctionnant aux carburants de synthèse devraient être autorisés à la vente.
Toutefois, face aux difficultés rencontrées par l’industrie automobile pour généraliser l’électrification, certains observateurs s’interrogent sur la possibilité de nouvelles adaptations réglementaires dans les années à venir. Pour l’instant, le diesel bénéficie d’un répit inattendu, mais son avenir reste suspendu aux évolutions des politiques environnementales et aux progrès de l’électromobilité.








