Absentéisme au travail : les arrêts maladie en forte hausse, les entreprises s’inquiètent

L’absentéisme au travail a fortement augmenté en 2024, atteignant des niveaux comparables à ceux observés en pleine crise sanitaire. Les arrêts pour troubles psychologiques sont en forte hausse, notamment chez les plus jeunes.

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Un bureau vide avec des chaises inoccupées et du matériel laissé en place, illustrant l'absentéisme au travail.
Absentéisme au travail : les arrêts maladie en forte hausse, les entreprises s’inquiètent | Econostrum.info

Une étude menée par AXA révèle une hausse préoccupante de l’absentéisme en entreprise. En 2024, le taux d’absentéisme a atteint 4,5 %, un niveau jamais observé depuis la pandémie. Si les absences de longue durée augmentent, c’est principalement en raison de troubles liés à la santé mentale, qui deviennent la première cause des arrêts prolongés.

Selon l’étude rapportée par Capital, l’absentéisme a bondi de 41 % depuis 2019, avec une progression notable entre 2023 et 2024. La durée moyenne des arrêts de longue durée est passée de 168 jours en 2019 à 175 jours en 2024, confirmant une légère tendance à l’allongement des arrêts maladie.

Le principal facteur expliquant cette hausse réside dans l’augmentation du nombre d’arrêts de longue durée, qui ont progressé de 7,5 % en un an. Alors qu’en 2023, on comptait en moyenne trois arrêts longs pour 100 salariés, ce chiffre a dépassé quatre arrêts en 2024.

La santé mentale, première cause de l’absentéisme au travail

Les troubles psychologiques sont désormais la principale raison des arrêts de longue durée, surpassant les troubles musculo-squelettiques, qui occupaient cette place depuis plusieurs années. Ce changement met en lumière un mal-être grandissant en entreprise, marqué par des conditions de travail difficiles, un stress accru et des attentes toujours plus élevées.

L’étude souligne que cette tendance touche particulièrement les jeunes salariés. En 2019, l’âge moyen des employés arrêtés pour raisons psychologiques était de 43,3 ans. En 2024, il est tombé à 40,9 ans, avec un arrêt sur deux concernant désormais une personne de moins de 40 ans.

Un phénomène en partie lié à l’évolution du monde du travail

Cette montée en flèche des arrêts pour troubles psychologiques peut s’expliquer par plusieurs facteurs. D’un côté, les salariés osent davantage parler de leur mal-être, un sujet qui restait tabou il y a encore quelques années. Les entreprises elles-mêmes prennent progressivement conscience de l’impact de la santé mentale sur la performance et l’engagement de leurs employés.

D’un autre côté, la détérioration du climat économique et social depuis la crise du Covid joue un rôle non négligeable. L’inflation, les incertitudes professionnelles et les tensions internationales pèsent sur le moral des travailleurs. Les jeunes actifs, dont beaucoup ont débuté leur carrière dans ce contexte instable, semblent particulièrement affectés par cette situation.

Des défis à relever pour les entreprises et les pouvoirs publics

Face à cette évolution, de nombreuses entreprises cherchent à prévenir les risques psycho-sociaux, en mettant en place des dispositifs d’écoute et d’accompagnement. Certaines proposent des aménagements du temps de travail, des formations à la gestion du stress ou encore des solutions de soutien psychologique.

Cette tendance soulève également des questions pour les pouvoirs publics. La hausse des arrêts pour raisons psychologiques représente un coût important pour l’Assurance Maladie et met en lumière la nécessité d’actions préventives, tant au niveau du travail que de la prise en charge médicale.

Si la santé mentale est désormais mieux reconnue comme un enjeu majeur, il reste encore de nombreux défis à relever pour limiter cette augmentation de l’absentéisme et améliorer le bien-être des salariés.

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