Le budget de la défense française a considérablement augmenté ces dernières années, passant de 32,3 milliards d’euros en 2017 à 50,5 milliards en 2025. Emmanuel Macron souhaite encore renforcer cet effort, avec un objectif de 3,5 % du PIB consacré à la défense, contre 2,1 % actuellement. Mais comment financer cette montée en puissance dans un contexte de dette publique élevée ?
L’une des premières options envisagées consiste à faire appel aux investisseurs privés pour soutenir les industries de la défense. Toutefois, ce secteur a longtemps été boudé par les fonds d’investissement en raison de son image sensible et de l’absence de garanties de rentabilité à long terme. Pour contourner ces réticences, certains membres du gouvernement mettent en avant un argument patriotique.
Selon eux, investir dans l’armement permettrait non seulement de renforcer l’économie nationale, mais aussi de défendre les valeurs et la démocratie françaises dans un contexte géopolitique de plus en plus instable. Un autre argument avancé est celui de la rentabilité croissante du secteur, rapporte Le Parisien.
Avec l’augmentation des tensions internationales et la nécessité pour les États européens de renforcer leurs arsenaux, les entreprises spécialisées dans l’armement pourraient voir leurs profits exploser dans les années à venir. Cette perspective pourrait séduire aussi bien les grands investisseurs institutionnels que des fonds plus modestes à la recherche de placements rentables.
L’épargne des Français dans le viseur
L’autre piste sérieusement envisagée est la mobilisation de l’épargne des Français. Actuellement, les sommes placées sur le Livret A et le Livret de développement durable (LDD) atteignent 603 milliards d’euros. Une partie de cet argent pourrait être réorientée vers le financement de la défense, bien que cette option soit pour l’instant écartée par l’exécutif.
À la place, Emmanuel Macron privilégie la création d’un livret d’épargne dédié, spécifiquement conçu pour financer l’industrie militaire. L’idée serait de proposer aux Français un placement sécurisé et garanti par l’État, leur permettant de soutenir l’effort de défense tout en bénéficiant d’un rendement attractif.
Cependant, la mise en place de ce livret pose plusieurs défis. Il faudra non seulement que les banques le commercialisent efficacement, mais aussi que les épargnants soient convaincus de son intérêt stratégique et financier.
Une question de pédagogie et d’acceptation
Si le gouvernement veut convaincre les Français de placer leur argent dans l’industrie de la défense, il devra faire preuve de transparence et de pédagogie. Le principal enjeu sera de rassurer l’opinion publique en expliquant que cette initiative ne se fera pas au détriment des investissements dans le logement social ou les PME, qui sont actuellement financés par l’épargne réglementée.
Le sujet sera au centre d’une réunion à Bercy le 20 mars, réunissant des ministres, des industriels et des parlementaires spécialisés. L’objectif est de trouver des solutions de financement viables qui permettront à la France de renforcer son arsenal militaire sans aggraver son déficit budgétaire.
Un financement encore incertain pour la défense
Si les options envisagées sont sur la table, aucune solution définitive n’a encore été arrêtée. L’idée d’un livret d’épargne dédié à la défense semble être la plus consensuelle, mais sa mise en place pourrait prendre plusieurs mois, voire des années. Quant à l’implication des investisseurs privés, elle reste incertaine tant que la rentabilité du secteur ne sera pas jugée suffisante.
Dans un contexte de fortes tensions internationales, la question du financement de l’armée devient un enjeu stratégique majeur. Reste à savoir si les Français seront prêts à investir une partie de leur épargne pour contribuer à l’effort de défense nationale.








