À partir de 2026, 171 médicaments dits « de confort » pourraient être retirés du remboursement par l’Assurance Maladie. Cette décision, qui vise à réduire les dépenses publiques, soulève des inquiétudes quant à son impact sur les patients.
Le ministre de la Santé, Yannick Neuder, a annoncé qu’en 2026, certains médicaments seraient exclus du remboursement par la Sécurité sociale, notamment ceux considérés comme ayant un faible service médical rendu (SMR). Ces médicaments, qui sont actuellement remboursés à hauteur de 15 %, sont principalement utilisés pour soulager des symptômes bénins ou améliorer le confort des patients. Toutefois, leur efficacité clinique n’est pas jugée suffisante pour justifier leur maintien dans la liste des médicaments remboursés. Parmi les 171 médicaments concernés, on retrouve des produits bien connus du grand public tels que Gaviscon, Valium, Meteospasmyl, Dexeryl, Noctran, Zovirax et Betadine. En tout, ces traitements coûtent près de 600 millions d’euros par an à l’Assurance Maladie.
Les raisons de cette réforme
Le gouvernement justifie cette réforme par un besoin de rééquilibrage financier face au déficit de la Sécurité sociale. Selon les autorités, il est essentiel de concentrer les ressources sur des traitements qui apportent un réel gain clinique aux patients. Les médicaments concernés sont perçus comme ayant un impact limité sur la santé, et la décision de ne plus les rembourser vise à rationaliser les dépenses publiques, particulièrement dans un contexte économique tendu. Les économies réalisées grâce à cette mesure seraient réinvesties dans des traitements jugés plus indispensables, bénéficiant ainsi à une plus grande partie de la population.
Cependant, cette décision a suscité des réactions vives, notamment des associations de patients. Ces derniers soulignent que, bien que ces médicaments soient qualifiés de « de confort », ils jouent un rôle essentiel pour de nombreuses personnes, notamment celles souffrant de troubles chroniques ou fonctionnels. Par exemple, des médicaments comme Meteospasmyl, utilisé pour soulager les douleurs abdominales liées aux troubles digestifs, ou Valium, prescrit pour les troubles anxieux, sont souvent considérés comme indispensables pour améliorer la qualité de vie des patients. Leur retrait du remboursement pourrait rendre ces traitements inaccessibles pour les personnes ayant des revenus modestes, ce qui aggraverait les inégalités d’accès aux soins.
Un non-remboursement de plusieurs médicaments qui affecte de nombreux malades
Cette réforme pourrait aussi avoir un impact particulièrement important sur les personnes âgées, les retraités, ou encore les personnes souffrant de pathologies longues et complexes. Ces patients dépendent souvent de traitements considérés comme « non essentiels » par les autorités sanitaires, mais qui sont pourtant indispensables pour gérer leur quotidien. Les professionnels de santé s’inquiètent également des répercussions sur la prise en charge globale des patients, notamment sur l’allègement de la charge mentale ou physique que ces médicaments permettent.
Cette réforme s’inscrit dans un cadre plus large visant à réduire les dépenses de santé publiques, mais elle soulève également des questions sur l’équilibre entre la gestion des finances de la Sécurité sociale et l’équité d’accès aux soins. Le gouvernement met en avant l’argument économique, mais les risques sociaux liés à cette mesure ne sont pas négligeables. Cette proposition pourrait entrer en vigueur dès 2026, après son inclusion dans le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS). Cependant, la réforme doit encore être débattue et validée, ce qui laisse place à des ajustements possibles.








