10 septembre : ce qu’on sait du mystérieux mouvement qui menace de paralyser la France

Le mouvement « Bloquons tout » qui appelle à un blocage national le 10 septembre prend de l’ampleur, mais ses contours restent flous et ses soutiens variés.

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10 septembre
10 septembre : Que sait-on du mystérieux mouvement prêt à paralyser la France ? Crédit : AFP | Econostrum.info

Un mois avant l’appel à « Bloquons tout » le 10 septembre 2025, le mouvement suscite déjà de nombreuses interrogations. Issu de diverses influences politiques, il se prépare à paralyser la France, mais ses véritables objectifs et modalités demeurent flous. Face à cette incertitude, les autorités et les syndicats restent vigilants.

L’histoire de ce mouvement commence le 14 juillet 2025, lorsque les « Essentiels », un groupe prônant une « France souveraine » et attaché aux « racines chrétiennes » du pays, publient une vidéo appelant à ce blocage national. Ce groupe, initialement d’extrême droite, critique le gouvernement pour son approche jugée trop libérale et appelle à des mesures radicales, telles que le « Frexit ». La vidéo a rapidement été relayée par des figures de l’extrême droite et des comptes proches des gilets jaunes, indique France 24.

Cependant, le mouvement a pris une tournure inattendue. Bien que l’organisation initiale fût liée à l’extrême droite, le groupe Telegram qui porte aujourd’hui la mobilisation, intitulé « Indignons-nous », affiche des revendications plus proches de la gauche radicale. Dans les messages diffusés, on critique sévèrement les inégalités économiques, avec des textes appelant à la lutte contre les milliardaires comme Bernard Arnault et Vincent Bolloré. Ce changement de cap a conduit à une mobilisation plus large, qui semble désormais avoir échappé aux origines du groupe initial, rassemblant des acteurs politiques et sociaux variés.

Une mobilisation floue et difficile à cerner

À l’heure actuelle, les modalités précises du 10 septembre restent floues. La mobilisation se base sur des actions locales, où des comités départementaux ou municipaux sont chargés de décider de la nature des blocages. Cela peut aller des simples appels à ne pas consommer à des blocages plus structurés, comme ceux des raffineries ou des dépôts de carburant. Cependant, malgré l’ampleur de l’appel, il n’est pas certain que ces groupes désorganisés soient capables de mettre en œuvre de tels blocages, qui nécessitent un savoir-faire logistique certain.

La police et les autorités surveillent la situation avec méfiance, notant la diversité des groupes impliqués. Des observateurs pointent la présence d’acteurs aussi bien d’extrême droite qu’extrême gauche, ainsi que des anciens gilets jaunes et des citoyens sans affiliation idéologique marquée. Cette diversité rend difficile l’anticipation du déroulement exact du 10 septembre. Les autorités restent prudentes, se préparant à différentes formes de manifestations, mais peinent à prévoir l’ampleur réelle du mouvement.

Les syndicats et les partis politiques, une position ambiguë

Du côté des syndicats, l’attitude est plus mesurée. Bien que les principales organisations syndicales n’aient pas formellement appelé à rejoindre cette mobilisation, la CGT a annoncé une grève pour le même jour, soutenant indirectement la contestation contre les politiques gouvernementales, notamment le projet d’austérité du Premier ministre. Cette grève a été bien accueillie sur la chaîne Telegram « Indignons-nous », ce qui montre un alignement partiel entre les revendications sociales et celles du mouvement de blocage.

Quant aux partis politiques, ils adoptent une posture attentiste. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, a exprimé son soutien aux motifs de la mobilisation, tout en soulignant l’importance de l’indépendance du mouvement. D’autres figures du mouvement insoumis, comme l’eurodéputée Rima Hassan, ont également montré leur solidarité sur les réseaux sociaux. À l’extrême droite, la réaction est plus réservée, les figures du RN, comme Matthias Renault, restant silencieuses ou se contentant de déclarations ambiguës, malgré des liens évidents avec le mouvement lors de ses premiers émois.

 

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